La journée est passée très vite, Zéphir dans le bus regarde sa montre, 16h42. A côté de lui Dizzy en train de jouer avec son baladeur mp3. Ça fait plus de dix minutes qui sont pris dans une rue
qui bouchonne et le bus n'avance pas. Zéphir souffle de lassitude, pressé de rentrer chez lui. Il n'arrive pas à se concentrer avec le bruit que font les jeunes à l'arrière, il aurait bien voulu
commencer son nouveau livre prit à la bibliothèque se matin. Zéphir donne des coups de coudes à son ami qui enlève les écouteurs de ses oreilles et le regarde.
« Tu vas lui dire quoi ce soir à ton beau brun ? » Demande t-il curieux.
« Je ne sais trop... J'hésite entre le mordre, l'insulter ou le violer. » répond Dizzy, pensif, « Le choix est dur. »
« Ce n'est pas incompatible » Dit Zéphir d'un ton docte. « Franchement, je ne le comprendrais jamais. Il ne supporte pas que l'on te touche, mais lui se permet de draguer ses élèves devant toi.
Il y a comme une erreur quelque part ! »
Dizzy se cale contre l'épaule de son ami, qui lui caresse doucement les cheveux.
« Moi non plus, je ne comprend pas ! Ah, Zizi, si seulement il pouvait comprendre que ma blondeur et mes yeux bleus, icônes de la pureté, n'est qu'un camouflage pour cacher la perversité qu'il
fait ressortir quand il est à mes côtés ! D'ailleurs, lui aussi à les yeux bleus ! » Bougonne-t-il, « Et c'est loin d'être un ange, ce salop ! »
« Tu devrais te calmer, sinon, la discussion que vous aurez ce soir n'aboutira à rien, tu le sais ! »
« Oui... Tu as raison, comme toujours. J'aimerais être un aussi bon ami que tu ne l'ai, et pouvoir mieux te conseiller avec ton beau-papa. »
Le visage de Zéphir se referme instantanément, et sa main quitte la chevelure de son ami. Il tourne la tête vers la fenêtre, renfrogné. Il avait reçu un message durant les cours lui disant que
Stan serait là.
« Qu'est ce qu'il y a ? Tu me caches quelques choses ? » Demande Diz, il pointe son index sur la joue de son ami s'amusant à appuyer plusieurs foi dessus. Zéphir le regarde des coins des yeux et
il dit d'une petite voix :
« Il sera là ce soir... » Son ami arrête de l'embêter et lui attrape les deux mains.
« Ecoute ! Fonce ! Quand il va prendre sa douche, rejoint le ! » Dit-il d'un air sérieux.
« Mais tu es bête ou quoi ! » Répond Zéph' en reprenant ses mains pour lui taper sur la tête malgré ses joues toutes rouge.
Ils se regardent un instant pour ensuite rigoler d'un long fou rire et d'un coup Diz se retrouve sur son ami après un coup de freins assassin du chauffeur.
« Mais il est trop con, lui ! » Gueule Diz.
Le chauffeur ne prend même pas la peine de répondre, ou peut-être n'entend-il pas, avec le bruit que les autres font. Quoi qu'il en soit, Dizzy reprend, toujours à moitié assis sur son ami:
« Non mais sérieux, qu'est-ce qui te retient ? Au pire, il te repoussera! Que tu te morfondes au moins pour une bonne raison! »
« Si j'avais ton aisance à l'oral... »
« Tu serais puni de sortit toutes les semaines. »
Zéphir a un léger sourire.
« Et puis, Stan t'aime pour ce que tu es. »
« Ou plutôt pour avoir des nouvelles de ma mère. »
Dizzy se redresse pour reposer ses fesses sur le siège et se pince le nez pendant que son ami remet ses lunettes droites.
« Je pense que Stan en a rien à foutre de ta mère... Elle est toujours en train de... » Il se stop pour ne pas vexer son ami mais celui-ci fini sa phrase.
« De baiser avec un mec différents chaque soir... Ouais merci, ça je le sais... »
Les portières du bus avant s'ouvrent, Zéphir se lève pour sortir, mais avant il regarde une dernière fois son ami qui lui tient le poignet avec un regard presque manipulateur.
« Fais-le ! Prend une douche avec lui ! » Dit-il avant de le laisser partir et prendre la petite ruelle qui mène jusqu'à chez lui.
Une fois arrivé chez lui, Zéphir monte directement jusqu'à sa chambre. Il entends les gémissements bruyants de sa mère. Jamais il ne s'y habituera, il le sait.
Il sort son agenda et son trieur de son sac, et se plonge dans ses devoirs, dans l'intention de tout oublier. Amour, sexe, mensonges, ce qu'il réussi sans difficulté, avec les années
d'entraînement qu'il a eut pour y parvenir.
C'est pour cela qu'il ne sort de son travail que lorsqu'il sent une odeur bien connue, fine et raffinée. Les cheveux châtains au côté de son visage confirment le doute qu'il aurait pu avoir. Il
ferme les yeux, et inspire le parfum que dégage Stan, faisant chavirer son coeur. Mais il ne dit mot, faisant comme s'il ne remarque pas la présence de son beau-père à ses côtés.
Entrain de trouver la solution à un problème, Zéphir commence à utiliser une formule, lorsqu'il sent le souffle de son beau-père derrière lui le faisant presque paniquer.
« Tu te trompe, ce n'est pas cette formule, mais celle-ci... » Dit-il en montrant du doigt sur le livre.
A cette voix rauque, toute la colonne vertébrale du jeune homme se met à trembler, Stan est si proche de lui que ses joues deviennent rouges.
« O-Oui, tu as raison... » Dit-il se trouvant bête de s'être tromper. Mais quand Stan est à ses côté il perd la moitié de ses capacités intellectuels.
« Comment vas ta mère ? » Demande t-il en prenant place sur un petit tabouret à côté de mon bureau. Le crayon à papier glisser contre les lèvres de Zéphir évitant de croiser le regarde de son
beau-père.
« Bien... Comme d'habitude... » Dit-il sans vraiment se préoccuper d'elle.
« Je vois... Je suis soulagé. Elle m'a parut un peu distante, tout à l'heure, quand elle m'a vu arriver. Il ne s'est rien passé d'inhabituel? »
« Non, rien d'inhabituel, elle t'a juste trompé avec un nouveau mec, la routine, quoi.» voulu dire l'adolescent. Mais il n'était pas Dizzy, alors il se contenta d'hocher négativement la tête.
« Si c'est toi qui me le dis, je te crois », murmure Stan, son éternel sourire empli de bonté aux lèvres. «Bien, ta mère m'a dit que je pouvais aller me laver, j'ai du prendre les transports en
communs qui étaient bondés, et j'ai peur de sentir mauvais. »
Zéphir se retient de s'exclamer que justement, il adore cette odeur d'homme qui se dégage de son corps après l'effort.
Stan sort de la pièce, après avoir ébouriffé les cheveux de Zéphir qui se recoiffe, rougissant. Osera-il?
« Je vais acheter des clopes ! » Crie la mère de Zéphir qui claque la porte derrière elle. Il est seul avec son beau-père, il vient tout de suite de s'en rendre compte. La salle de bain est à
côté de sa chambre, il mordille de plus en plus son crayon à papier, Il se lève d'un coup, traverse le couloir et se retrouve en face la porte et il entend l'eau qui coule. Sa main se pose sur la
poignet, elle tremble. Lentement, la porte s'ouvre, il essaye de faire le moins de bruit possible, son coeur bat si fort, si vite. Il veut le voir, juste l'apercevoir. Il rentre silencieusement à
l'intérieure, il voit le reflet de son beau-père derrière la vitre de la cabine de douche, il pose sa main sur sa bouche pour n'émettre aucun son.
« Il y a quelqu'un ? » Dit Stan en ouvrant la cabine de douche. « Oh, Zéphir... Il y a un problème ? » Demande t-il en le regardant dans les yeux.
Il voit son visage, ses cheveux trempent, l'eau qui dégouline sur lé moitié du torse qu'il voit, il sent ses joues devenir rouge et il détourne le regard.
« Non rien... j'étais venu chercher.... » Il cherche quelque chose à dire, mais rien ne lui vient.
« Je... en fait... Je voulais te dire que... » Bredouille-t-il.
« Oui...? »
«J'ai envi d'aller aux toilettes, et comme il n'y a que des toilettes dans la salle de bain... tu vois... »
« Oh, oui, bien sûr ! Suis-je bête. Ne t'en fais pas pour moi ! vas-y, je me retourne. »
Profitant qu'il ait le dos tourné, Zéphir en profite pour admirer le corps bien formé de celui qu'il aime. Il détourne ensuite le regard, et va jusqu'au cabinet.
Là, il défait sa ceinture et baisse son caleçon, et regarde avec gène son excitation. Il ne peut rien faire dans cet état, et pourtant, si Stan n'entends rien, Zéphir à peur qu'il se doute de
quelque chose. Il ferme les yeux et essaye de garder son calme, mais rien à faire, il a une envi de se caresser tout en regardant son beau-père. A cette idée, il rouvre les yeux et regarde la
cabine de douche, son visage devient tout rouge de honte, son cœur bat encore plus vite et la chaleur prend possession de son corps. Stan est en train de se laver les cheveux, et Zéphir peut
ainsi regarder les formes musculaires de son dos, il est vraiment beau. Il commence à se caresser, lentement, de bas en haut, ne quittant pas du regarde l'homme qu'il convoite.
« Zéphir ? Tu es toujours là ? » Demande le père après s'être rincer les cheveux.
Il détourne rapidement la tête, les yeux grands ouverts d'horreur.
« Je... Oui, j'ai un peu de mal... je suis un peu gêné... »
« Oh... oui... bon, alors attends, je vais sortir. »
Zéphir n'a le temps de rien dire que Stan sort, nu, avec comme seuls habits quelques perles d'eau. L'adolescent baisse son regard malgré lui jusqu'aux quelques poils bruns qui entourent le membre
de l'homme. Pétrifié, Zéphir détourne le regard, mais le mal est fait, son membre s'est rengorgé de sang, et il ne peut pas le rentrer dans son pantalon, sans que Stan ne voit où il se touche et
puisse interpréter lui-même ce geste. Il cache aussi bien qu'il le peut son sexe de ses mains, et laisse Stan sortir de la pièce, avec juste un caleçon sur lui.
Aussitôt, le garçon se prend en main et commence de grands coups de mains brutaux, avant de se déverser rapidement sur le sol des la salle de bain, l'image de Stan nu encore bien ancré dans son
esprit.
A la porte entrebâillée, un homme avec le souffle coupé et une excitation bien présente tente de reprendre le contrôle de lui-même, tout en se disant que la douche n'était à priori pas assez
froide.
Honteux. Zéphir a honte de lui, de ses pensées obscènes. Pourquoi désir t-il autant son beau-père ? Il essuie le sol avec du papier toilette avec quelques larmes au bord des yeux. Il tire la
chasse d'eau et s'approche du robinet pour se laver les mains. Il enlève ses lunettes qu'il pose à côté de lui et se rince le visage, il se regarde dans le miroir, un visage remplie de doute et
d'inquiétude par rapport à ses sentiments.
« Bon sang ! Zéphir ! Reprend toi ! » Se dit-il à lui-même en reposant ses lunettes sur son nez.
Dizzy claque la porte de sa chambre, met la musique à fond, enlève son t-shirt et son jean pour se retrouver en boxer. L'adolescent aime être à l'aise. Il s‘installe sur le lit et regarde un
magasine sur les tatouages et les piercings. Puis la piste de la musique change et il commence à chanter aussi fort que le son, il en profite car ses parents ne sont pas encore rentrer du
travail.
Sa voix, qui serait plus dans les tons aigu ne s'accorde aucunement avec la chanson qu'il chante, mais il n'y prête pas attention. Il réfléchit à sa façon de se comporter avec Clay. Il a de plus
en plus de mal à le comprendre, augmentant en même temps que son attirance et son amour pour l'homme. Il ne saurais dire pourquoi il l'attire physiquement. Clay n'est pas vraiment beau. Mais il a
de la prestance et du charme. Peu de personnes résistent à ce genre d'homme.
Mais Dizzy ne l'aime pas pour ça. Il l'aime pour sa gentillesse à son égard, pour son côté un peu trop strict et sérieux dans son travail. Son manque de sens de l'humeur, parfois aussi. Ainsi que
ses tendances à tout prendre au sérieux, même lorsqu'il s'agit de plaisanterie. Et son calme, aussi. Surtout. Son sourire, peut-être ? A vrai dire, Dizzy se demande surtout pourquoi il ne
l'aimerait pas.
Il se lève de son lit et descend à la cuisine se chercher de quoi grignoter, il jette un œil à l'horloge, 18h02, il a vraiment la dalle, il ouvre le frigo tout en remuant son corps car il entend
le rythme de la musique qui provient de sa chambre. Il cherche un truc potable à manger et trouve du camembert, il le prend et le jette sur la table et va chercher du pain qui se trouve ranger
dans un tissu. Il s'assoit sur une chaise et commence à croquer dans son fromage tout en remuant la tête de droit à gauche.
« On aime le fromage, alors ? » Une voix pas si inconnue que ça vient de rentrer dans la pièce. Diz lève le regard et tombe nez à nez avec Clay.
« Tu es en avance, mes parents ne sont pas encore la... » Dit-il en se levant pour retourner vers le frigo sortir une bouteille de limonade.
« C'est pas une tenu pour se trimballer... » Ajoute Clay en se mordillant les lèvres.
« Je suis chez moi, je fais ce que je veux ! » Répond sèchement Dizzy en prenant un verre dans un placard.
« Diz, s'il te plaît, ne me parle pas comme ça. Je disais ça pour toi. On ne sait jamais ce qu'il pourrait arriver. »
« Et si je le voulais ? Hein ? Et puis ce n'est pas moi qui drague ouvertement mes élèves en classe ! Tu me fais pitié ! Je fais ce que je veux de mon cul et toi du tiens, mais viens pas me faire
chier avec tes instincts paternels. Je n'ai pas besoin d'un autre père, le mien me fait déjà assez chier comme ça. »
« Mon ange... »
« Putain! » Hurla Dizzy d'une voix hystérique, « Je ne suis pas un putain d'ange, okay ?! » Intègre ça ! Tu me saoules vraiment avec ça ! Je suis un mec comme les autres, aussi con, à la libido
aussi élevée que n'importe quel adolescent de mon âge. »
La porte d'entrée claqua, avec la voix lointaine des parents de Dizzy.
« Je vais baisser le son, et t'avise même pas à me suivre ou je te castre. »
Il dit bonjour à ses parents rapidement et monte les marches des escaliers deux par deux et arrivé à sa chambre, il éteint la musique et se jette sur le lit brutalement tout en gesticulant son
corps énervé :
« Merde ! Merde ! Merde ! Merde !!! » Crie t-il la tête dans le coussin. Après quelques minutes, il se relève et ouvre son placard pour attraper un jogging et un t-shirt large. Il se regarde dans
le miroir, détache ses cheveux blonds qu'il lui arrive à la moitié du cou. Il essaye de reprendre son calme avant de redescendre en bas.
« Dizzy, on est au salon, rejoint nous. » Rétorque la voix de sa mère.
Il arrive, Clay est assit sur le canapé avec un verre de whisky à la main, son père est en face du professeur avec du scotch.
« Mon fils, nous avons quelques choses à te dire. » Commence son père avant de boire quelques gorgées d'alcool.
« Je vous écoute » répond, pour une fois, calmement Dizzy.
« Voilà... Clay nous a dit que tu avais de mauvaises fréquentations. Un certain Zéphir, me semble-t-il. Et nous souhaitons qu'à partir d'aujourd'hui tu cesses de le voir. Nous ne voulons pas que
tu devienne une quelconque sorte de délinquant. »
« Je... C'est une blague ? Mais... c'est injustifié, je... »
« Je ne crois pas, Clay m'a dit que tu t'étais grandement énervé contre lui, ce qui ne t'étais encore jamais arrivé. »
Dizzy tourne son regard abasourdis vers son professeur, qui l'évite. Les larmes lui viennent yeux devant une telle injustice.
« Je n'arrive pas à y croire... Tu n'es qu'un enfoiré ! J'en ais rien à foutre de ce que vous en pensez ! D'ailleurs, si vous voulez savoir, je sors avec Zéphir ! On s'aime, et j'en ais rien à
foutre de ce que vous en pensez. »
Il n'écoute pas les cris qui lui disent de revenir, des larmes coulent le long de ses joues. Il prend un manteau au hasard et l'enfile. Il sort dehors et cours aussi loin que ses jambes le lui
permettent. Loin de cette prison qu'est sa maison.
La nuit vient de tomber, Dizzy est dans un parc, assit sur une balançoire regardant le sable à ses pieds. Il est encore abasourdie par ce qu'a dit Clay à ses parents, des larmes froide coulent
sur ses joues et avec la manche de sa veste il les essuient tout de suite, il ne veut pas pleurer et être encore plus fort pour lui retourner le couteau dans la plaie. Zéphir est le seul ami à
qui, il confie tout, il ne supporte que lui dans son entourage, à part Clay... Mais la il est allé trop loin et il ferait en sorte de se venger. Il lève la tête vers le ciel pour regarder les
étoiles.
« Tu es trop facile à trouver... » Dit une voix derrière lui.
Dizzy sait, il la connaît cette voix, ses mains se serrent sur ses cuisses.
« Qu'est ce que tu veux ? » Lâche Diz'
« Qu'on parle ! » Répond Clay qui s'avance.
« Je n'ai absolument rien à te dire ! » Rétorque d'une voix ferme le jeune homme.
« Tu ne vas pas passer la nuit ici ! » Il pose sa main sur l'épaule de l'adolescent, « vient au moins dormir chez moi, juste pour ce soir... » Propose t-il.
« Tu te fous de moi, j'espère ? Après ce que tu viens de me faire, tu peux te la mettre là où je pense, ta proposition ! »
« Enfin, Dizzy, ce garçon n'est pas bien pour toi, il... »
« Ta gueule ! »
Le ton violent de la voix employé pétrifie le professeur.
« Tu ne le connais même pas. De toute façon, je sortirais avec n'importe qui, que tu ne l'aimerais pas. » S'indigne Dizzy
« Parce que tu es une personne formidable et que tu mérite... »
« Je t'ai dit d'arrêter, vas t'en ! », murmure l'adolescent, lasse et le coeur au bord des lèvres.