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Depuis le jeudi 03 juillet 2008

Blogs de fics Boy's Love

Mardi 1 juillet 2008
Chapitre IV
Confession, doute, et confusion

Point de vue de Anthony

- Je n'arrive pas à croire qu'elle m'ait mis avec ça, c'est tellement injuste! Je vais aller me plaindre, il est hors de question que je fasse équipe avec!
Je sais que Linda est une très belle fille, je sais que tout les garçons lui courent après, et que tout le monde m'envie et espère un jour être à ma place. Alors pourquoi je n'ai qu'une seule envie, c'est qu'elle s'étouffe avec ça langue et qu'elle se la ferme enfin? Non mais c'est vrai, elle fait un concours avec Gaël pour savoir qui est le plus imbu de sa personne ou quoi? « Je », « Moi, je », elle n'a que ses mots à la bouche! Et merde! Je me remets à penser à Gaël! Je suis avec l'une des filles les plus côté de l'école, et je pense à Gaël! Et Pearl qui m'a mis en binôme avec... Elle a quoi dans la tête!
J'essaye de me calme; il faut que j'arrête de penser à lui! Il en serait trop heureux s'il le savait, et cela le renforcerait dans l'idée folle qu'un jour nous formeront un couple.
- Anthony, tu m'écoute, mon coeur? Minaude Linda en papillonnant des cils.
Mon quoi?! Ne surtout pas partir en courant, Anthony, elle risquerait de mal le prendre. Je ne sais pas de quoi elle parle, alors je tente avec un sourire crispé :
- Oui, oui, je t'écoute, Linda. Tu as raison, sur ce coup, Mademoiselle Pearl a vraiment exagéré.
Apparemment, elle n'avait pas changer de sujet et ma réponse la satisfait, vu la façon dont elle me sourit et m'agrippe le bras.
Je vois Gaël la fusiller du regard, et ça me ragaillardis - au moins cette gourde aura servit à quelque chose... Jusqu'à ce que je m'aperçoive qu'il est à côté d'une fille! Il n'était pas censé être amoureux de moi? Non mais je rêve! Et cette garce qui recommence à me tripoter les cheveux!
- Linda, tu vas arrêter, merde? Je ne suis pas ta poupée Barbie!
Celle-ci me regarde choquée, la main en l'air, n'osant plus bouger. Tout le monde s'est tu, même le professeur. Je crois que je me suis énervé plus que je n'aurais du. Décidément, ce n'est pas ma journée. J'avise Gaël et son sourire de bien heureux, ce qui me met hors de moi.
J'adresse un regard d'excuse à Linda, ainsi qu'au reste de la classe.
- Je suis vraiment désolé, j'ai mal dormis cette nuit. Un insecte m'a empêché de dormir à mon aise cette nuit, du coup je suis de très mauvaise humeur. Tu m'excuse?
Linda se colle à moi et m'embrasse sur la joue, me laissant une marque collante. Le brouhaha de la classe reprend, tout comme le cours. Seul les discutions de filles se mettent à parler à voix basse et à rire, tout en ne nous lâchant pas du regard, preuves de l'incident qui s'est passé il y a quelques instants.
Le regard perçant et triste que j'aperçois chez Gaël m'étreint le coeur, mais l'oublie aussitôt en me rappelant qu'il est aussi à côté d'une fille. Certes, elle ne la joue pas mode superglue comme Linda à mes côtés, mais s'il veux tellement me conquérir, il n'a pas le droit d'approcher quelqu'un d'autre que moi. En plus, elle est moche.

- Anthony, tu vas tout de suite m'expliquer qui est cette pimbêche qui t'as collé durant toute la journée. Et ne nie pas, Pearl m'a tout racontée! Alors que tu as un super beau mec qui meurt d'amour pour toi, qu'est-ce qui ne vas pas chez toi? Tout ce qu'elle veut, c'est ton corps et ta popularité. Alors que Gaël, il t'aimait même quand tu était la petite merde que personne n'aimait et que tout le monde craignait! Et en plus, il est riche!
Je reste figé en entendant le discours de Calypso, accompagnée de Pearl me bloque le passage à ma chambre.
- Déjà, je ne comptait pas nié. De plus, comme tu viens de le dire, Gaël est un mec, tout comme moi! Tu ne connais pas Linda, et tu te permet de la critiquer, alors sache que c'est une fille très gentille! Et enfin, je te remercie car j'adore qu'on me dise que je suis une « petite merde », et enfin, qu'est-ce que j'en ais à faire de son argent? Je ne suis pas une prostitué, merci! Je crache.
- Elle par contre, n'y est pas loin!
Je me calme soudain, les signes sont là; lèvres pincées, sourcils froncés. Elle est hors d'elle.
- Calypso, écoute...
- Tu sais, si on voyait que tu ne l'aimais vraiment pas, nous n'insisterions pas! Mais tu joue avec lui! Tu vois ses sentiments, mais tu t'en moque! Ça te plaît de le voir courir derrière toi, te supplier de reconsidérer ce que tu ressens pour lui. Je trouve ça abject. Tu sais, un jour, il se lassera. Il rencontrera une jolie fille ou un beau garçon, et cette personne, amoureuse de lui, essayera de lui faire oublier ton existence, et y arrivera. Et ce jour-là, tu comprendra ce que tu as raté, tu en pleurera de déception, et qui sera là pour te consoler? C'est Pearl et moi! Et là, on ne pourra que te dire « je te l'avais dit », mais ça ne servira à rien, ce sera trop tard. Tu ne pourras plus que pleurer sur ton sors.
Je baisse la tête, honteux, car je sais qu'il y a une part de vérité.. Attends, minute, c'est quoi cette histoire de fille? Alors Amy, la fille qui était à ses côtés, c'était sa futur copine?!
- Anthony, tu vas bien? tu es tout pâle!
- Ne t'inquiète pas, vu comment il est amoureux, ça ne vas pas se faire tout de suite.
- Merci mais alors je suis dans l'obligation de vous annoncer que vous avez surestimer ses sentiments, dis-je amère.
- Quoi?! S'écrie Calypso tout en interrogeant sa soeur du regard qui la regard tout aussi abasourdis.
- Il a été toute la journée aux côtés de Amy, une fille on ne peut plus ordinaire. A savoir ce qu'il lui trouve, franchement!
Pearl soupire de soulagement, une main sur le coeur.
- Amy est une fille très gentille, et plutôt mignonne. Et sache que je doute qu'elle soit intéressée par Gaël, je l'ai vu hier embrasser un garçon hier à la sortie de l'école. Tu sais, l'amitié fille-garçon, ça existe...
- Pourquoi, tu es jaloux? Me demanda insidieusement Calypso.
Je ne peux empêcher le rouge me monter aux joues.
- Non, pas du tout! Ça m'arrangerait, moi, qu'il ait une copine!
- Oh, ça ne va pas recommencer, Anthony! Qu'est-ce que je viens de te dire.
Je me fais tout petit, essayant d'attendre qu'elle se calme.
- J'en ais marre que tu fasse le con, alors maintenant, tu vas m'écouter. Demain, tu vas aller dire à ta Lisa de te lâcher, et tu vas t'excuser auprès de Gaël.
- C'est Linda, et il est hors de question que je m'excuse...
- Calypso, calme toi, l'interrompis Pearl. Anthony va simplement mettre les choses au clair avec Lila et lui dire qu'il a une copine. En ce qui concerne Gaël, invite-le ce week-end pour l'exposer et là, passe aux choses sérieuses.
Je ne la reprend même pas sûr le nom de Linda, je sais qu'elle le fait exprès - elle est quand même son professeur! Le compromis semble satisfaire Calypso, car elle approuve d'un hochement de tête. Après un soupire résigné, j'accepte aussi et je lui serre sa main tendu à contre-coeur. Je sais que ce que je viens de faire reviens à pactiser avec le diable, mais elle m'a eut à l'usure, je savais qu'elle n'abandonnerait pas son idée dans l'état où elle est, et en plus, à deux contre un, ce n'est pas ce que j'appelle équitable.

- Tu sais, Linda, je t'apprécie beaucoup, n'en doute pas. Mais je voulais juste que tu sache que j'ai déjà un amoureu... une amoureuse.
Je suis horrifié, j'ai failli dire « amoureux » et en plus en pensant à Gaël. Bon, il faut que je me calme, c'est une simple coïncidence! C'est le bourrage de crâne de mes soeurs qui a fini par payer et qui m'a fait dire un truc pareil. Je me croirais presque, je suis doué...
- Mais, ça veut dire que tu es juste amoureux et que tes sentiments ne sont pas rendus, non? Tu n'as pas besoin de m'aimer, on peut juste sortir ensemble, pour s'amuser, si tu vois ce que je veux dire.
Oui, je vois, c'est Calypso qui avait raison, comme d'habitude.
- Non, en fait, elle m'aime aussi. Seulement je n'ose pas lui dire que c'est réciproque.
Je sais que tout le monde nous écoute, mais plus important, je sens le regard de Gaël posé sur moi. Le silence qui s'ensuit me met mal à l'aise, puis Linda éclate de rire:
- Tu n'ose pas lui dire que tu l'aime aussi? Mais tu es vraiment le dernier des crétins! Tu as peut-être une belle gueule, mais je suis sûr qu'un puceau comme toi n'assure pas du tout au pieux. Gaël, par contre... dit-elle avec une moue aguicheuse à l'égare dudit Gaël.
Là, je rêve, j'hallucine, je cauchemarde,... C'est vraiment n'importe quoi!
- Désolé, Linda, mais tu n'es vraiment pas mon genre, répond Gaël avec un sourire narquois.
Certaines filles se moquent en silence, tandis que des garçons lui rient au nez, ou que d'autres l'entour pour lui montrer leur soutient.
Le lycée, c'est un peu la jungle, si on regarde. C'est le plus fort qui l'emporte. Cette histoire de popularité, c'est vraiment n'importe quoi. Gaël était passé du « Mec à avoir », à un garçon comme les autres pour quelques malheureuses paroles, et moi de l'élève le plus détesté à un garçon que les filles les plus populaires s'arrachaient. Jusqu'à il y a quelques instants.
Alors que Gaël m'adresse un sourire resplendissant, je capitule. Je n'ai jamais était intéressé par attirer les autres, ou devenir populaire ou quoi que ce soit. Je voulais juste faire devenir fou de jalousie Gaël. Je devrais arrêter de me voiler la face, je sais bien que Gaël m'attire... C'est juste dur de se l'avouer, quand on sait les conséquences que cela implique.
D'ailleurs, me demande si ça veut dire que je vais être obliger faire tous ces trucs immondes que montre les magazines que mes soeurs achètent? J'avoue avoir été traumatisé, lorsque, comme chaque enfant de douze an, curieux par nature, et découvrant seulement le sens profond du mot « sexualité », je suis tombé sur un livre pornographique gay que Pearl avait laissé traîné...
La sonnerie retentit, et je vois Gaël se rapprocher de moi, hésitant.
- Tu veux bien t'asseoir à mes côtés, pour le cours?
- Si tu veux, dis-je en haussant les épaules.
Ce n'est pas parce que j'avoue ressentir quelque chose pour lui, que je vais me jeter dans ses bras. C'est déjà un énorme progrès que je lui parle normalement, et qu'en plus j'accepte de me mettre à ses côtés.

Je suis épaté. Nous avons eut une discussion des plus normales durant les cours, peu intéressante, mais qui s'est avéré utile. J'ai appris a mieux le connaître, ses qualités comme ses défauts, et ça m'a fait le considérer tout autrement. Il est gentil, protecteur, jaloux, possessif, narcissique, peu s'avérer peu sûr de lui, est orgueilleux, généreux, matérialiste, passionné, fidèle, et possède un sens de l'humour - ma foi plutôt particulier, mais qui peut se révéler drôle... quelques fois.
J'ai trouvé qu'il avait fait preuve de beaucoup de tact de ne pas mentionner ce que j'avais dit à Linda, alors que je suis persuadé qu'il en avait très envi.
Je l'ai invité demain pour l'exposer, comme me l'avaient ordonner mes soeurs, bien que j'avoue l'avoir fait de bon coeur. Allongé sur mon lit et plongé dans le noir, je n'arrive pas à m'endormir, alors que le cadran de mon réveil inscrit minuit de ses lettres lumineuses. L'idée de le voir demain seul à seul dans ma chambre en sachant ce que je ressens pour lui change tout.
Je me lève pour aller boire un verre d'eau, afin de m'occuper à autre chose qu'à penser à Gaël. Alors que je passe dans le couloir, je vois de la lumière en bas de la porte de la chambre des filles. Je l'ouvre doucement afin de ne pas réveiller les autres.
- Calypso? Pearl? Que faîtes-vous, les filles?
Je les voies cacher quelque chose derrière un des coussins, et Calypso me répondre:
- Rien, rien, on lisait un bouquin, rien de passionnant, quoi!
Je ne réplique pas, bien que sachant très bien qu'elle ment. Je n'ai pas envi de savoir ce qu'elles cachent, mais alors pas du tout!
Je vais m'allonger à leurs côtés et soupire:
- Je n'arrive pas à dormir, j'allais à la cuisine quand j'ai vu que vous étiez réveillés. Alors je suis venu voire ce que vous faisiez. Au fait, j'ai bien inviter Gaël demain matin, à quatorze heure, contente? Dis-je à l'intention de Calypso.
- Vraiment? C'est génial, ça! Et qu'as-tu décidé de faire?
Je rougis furieusement avant de me rappeler qu'elles ne sont pas au courant de mes sentiments - donc qu'il n'y avait aucune insinuation dans sa phrase. Enfin si, elles l'ont su même avant moi, mais pas que je l'ai accepté.
Hésitant et n'osant pas les regarder dans les yeux je le leur avoue :
- D'ailleurs.... vous savez, je... enfin... il me plaît, bien finalement...
Un long silence s'ensuit, avant que mes deux soeurs me sourient tendrement et viennent m'enlacer dans leurs bras.
- Mais attends, il faut vite te trouver une tenue adéquate pour demain! S'exclame soudainement Pearl.
- C'est vrai, tu l'as tellement repoussé, qu'il risque de ne plus essayer de te séduire. Ça va être à toi de lui faire comprendre que tu lui plaît. Mais ne t'inquiète pas, on est là et il nous reste la nuit entière et demain matin. Avec un bon cours de séduction, des habits sexy et un bon anti-cerne, ça devrait pouvoir se faire.
Je ne sais pas pourquoi, je suis sûr que je ne vais pas aimer ce qu'elles vont me faire porter, ni leur « cours de séduction ». Mais ce n'est plus le moment de faire mon difficile, si je ne veux pas que Gaël se lasse de moi. Car l'amour n'est pas éternel, s'il en s'entretient pas.

Point de vu de Gaël

- Gaël, on ne te vois plus ces jours-ci, aurais-tu une petite amie? Si c'est le cas, sache que les parents voudraient la rencontrer. Tu sais que c'est très important pour eux, étant donné que je ne peux avoir d'enfant, c'est toi qui hériteras de la compagnie. Et qui sait si cette fille ne sera pas ta futur compagne Ou même la futur mère de tes enfants.
Je savais qu'un jour cette conversation aurait lieu, mais pas si tôt. Je n'ai pas été assez prudent, apparemment. Alan, mon frère aîné de vingt-huit ans me toise d'un air sévère et je sais que je n'arriverais pas à changer de sujet. Il est aux bottes de mon père depuis que je le connais, et c'est un vrai requin en affaire. Rien à voire avec moi ou Lionel.
Je bois une gorge de mon jus d'orange avec pulpe pour me redonner contenance et permettre de réfléchir à une réponse plausible. Seulement aucune ne me vient à l'esprit, et je décide de nier tout en bloc.
- Pas du tout, je ne sais pas où tu es allé chercher ça. Je me suis juste fait un ami dans ma classe avec qui je m'entends très bien, et c'est chez lui que je vais cet après midi.
- Bien, si tu le dis. Invite-le un de ces jours, j'aimerais bien savoir quel genre de personne tu fréquente. Si jamais les parents ou moi-même trouvions qu'il n'est pas bien pour toi ou si cela jouait sur tes notes, nous serions obligés de te dire de ne plus le revoir. Sache que nous avons porter plainte pour le rackette dont tu as été l'objet, mais tu n'aurais jamais dû te trouver dans ces bas quartiers. Et je me demande comment tu as fait pour te perdre et arriver là-bas. Si nous apprenions que tu sèche une nouvelle fois l'école, ou que tu t'es de nouveau « perdu », les parents devront sévir. Compris?
Heureusement que j'ai tenu l'infirmière au secret pour ma coupure. Bien qu'elle ne soit pas grave et que je cicatrise vite, j'aurais eut de gros problèmes.
- Oui, bien sûr. J'inviterais Anthony quand Lionel invitera sa copine, je lui demanderais de venir aussi, dis-je pour changer de sujet.
Devant l'air d'incompréhension qu'affiche Alan, je rajoute :
- C'est son frère.
- Oh, bien. Dans ce cas, nous ferons comme ça. Va donc t'habiller maintenant, Père reçoit pour l'anniversaire de mariage de Mère.
- Quand? Ce soir? Parce que cette après midi, je vais chez mon ami, Anthony.
Alan soupira d'agacement.
- Écoute Gaël, je suis désolé, mais tu n'iras pas chez ton ami. Mère fête son anniversaire cet après midi.
- Mais ce n'est même pas aujourd'hui son vrai anniversaire! C'est dans trois semaines!
C'est impossible que je n'aille pas chez Anthony alors qu'il m'a invité! Après tout ce que j'ai fait et enduré pour en arriver là!
- Gaël, il n'y a pas à discuter. Tu n'as pas ton mot à dire. Surtout que papa veut te présenter à ses associer. Tu es presque majeure, dès l'année prochaine, tu rentre dans la compagnie. Tu pourrais comprendre, ton ami attendra!
Sans me laisser pouvoir me défendre il sort de la salle à manger, laissant le soin aux femme de ménage de nettoyer derrière lui.

- Je vous présente mon fils Gaël, c'est lui qui reprendra mon entreprise.
- Monsieur, Madame. Je suis enchanté de faire votre connaissance.
Je déteste ces réceptions ennuyeuses. Surtout en pensant que je pourrais être aux côtés de Anthony en ce moment précis. Lorsque je lui ais téléphoné, il ne l'a pas trop mal pris. Le timbre de sa voix m'a parût triste, j'espère seulement que c'était une impression.
Mon père m'entraîne de personnes en personnes, me forçant à mémoriser qui fait quoi. Mes parents ne tarissent d'éloge sur moi, comme les associés et invités de mes parents. Ils me trouvent tous « charmant » et « parfait pour ce travail ».
- Gaël, vas-tu enfin cesser de regarder ta montre comme un désespéré? C'est très malpolie, me réprimande mon père alors que nous sommes à l'écart des invités. Je ne te demande pas d'aimer te trouver ici, je t'ordonne de ne pas le montrer. Montre-toi digne de ce que tu es, comme tu l'as toujours fait. Ce n'est pas le moment de me décevoir, mon fils.
- Oui, père. Veuillez pardonner mon impolitesse.
- Bien, mais que cela ne se reproduise pas.
Lors de l'ouverture des cadeaux - tous plus chers les uns que les autres - se termine, j'entends des murmures s'élever dans la salle de réception.
Je me retourne et voit deux hommes d'une vingtaine d'année environ être le centre d'intérêt. L'un deux, le brun aux yeux verts lagon, élève la voix, moqueur:
- Eh bien, personne ne vient nous saluer comme il se doit? Ce n'est pas très poli, ça!
Une petite femme ronde s'approche alors des deux hommes.
- Harry, s'il te plaît, ne fait pas d'histoire et rentre chez toi. Tu n'es pas invité.
- Je l'étais pourtant, avant, reprend celui-ci. Jusqu'à ce que l'on apprenne que j'étais gay et que l'on me vire en conséquence! Même mes propres parents m'ont demander de choisir entre l'homme que j'aime et eux.
Des regards dégoûtés apparaissent sur le visage de personnes, ou désolés pour d'autres.
- Quoi? Vous êtes choqué? Reprend la personne. Pourtant c'est votre comportement qui l'est! C'est vous qui devriez avoir honte d'être si peu ouvert d'esprit!
Je n'ose plus respirer, de peur de me faire repérer. Le comportement des gens qui m'entourent me blesse, mais ne m'étonne pas.
- Eh, toi, le blondinet, qu'est-ce que t'en penses, que je baise avec un mec?
Il aurait pu trouver quelque chose de plus poétique, parce que dis comme ça... Même le garçon à ses côté - qui doit être son amant - pousse un cri d'indignation. Puis je me rend compte qu'il parle à moi.
Mon père pose sa main sur mon épaule et je vois qu'il regarde les deux jeunes gens d'une façon qui ne laisse pas place au doute. Il les regarde comme s'ils étaient les pires choses qui puisse exister, comme si la vision qu'ils lui offrait était répugnant, écoeurant.
Je ne vois alors qu'une chose à dire, des mots qui m'écorchent la bouche rien qu'à les prononcer.
- Je ne comprend pas que des gens comme vous puissent exister. Vous devriez aller vous faire soigner, ce n'est pas normal d'éprouver du désir pour quelqu'un du même sexe. De plus, vous n'avez rien à faire là, alors je vous prierais d'aller vous pervertir ailleurs, dis-je d'un ton qui ressort comme pédant.
Le visage du brun se fige et je le voie serrer les dents de rage, tandis que les yeux de son copain s'embuent. Je tourne la tête pour ne plus les voir. La culpabilité me ronge les entrailles, tandis que ma gorge se noue. J'essaye de me convaincre que je n'avais pas le choix, que j'ai eut raison, quand mon père confirme cette idée.
- Mon fils à très bien parler, alors sécurité, merci d'escorter ces deux personnes jusqu'à la sorti, et de faire en sorte qu'ils y restent.
Les gens viennent me féliciter et je prend part aux conversations avec entrain. J'essaye d'oublier l'idée qu'en prononçant ces mots je me suis bafouer et que j'ai ainsi renié mes sentiments pour Anthony.
J'ai rarement vu mes parents aussi fière de moi, et j'ai même le droit à un baiser de la part de ma mère. Seul mon jeune frère Lionel reste en retrait et alors que je me retrouve seul, une coupe de champagne dans la main, il me fais face, les poings tremblant de rage:
- Je savais que tu étais con, mais pas à ce point. As-tu vu comment tu les as blessé? Reniés par leur famille et peut-être même leurs amis, ils n'avaient vraiment pas besoin que tu en rajoute! Que t'ont-ils fait? Qu'est-ce que ça peut te faire qu'ils s'aiment? Ils ne t'ont rien fait de mal!
- Peut-être, mais c'est malsain ce qu'ils ressentent. Ils devraient faire quelque chose contre, au lieu de se complaire dans le vis.
- J'abandonne, t'es vraiment un cas, toi!
Mon frère part, furieux contre moi. Le regard des autres est si dur à accepter. Je sais que c'est moi qui courrait derrière Anthony, que celui-ci n'a jamais rien demandé. Peut-être est-ce moi qui avait tord. Je ne lui apporterait rien de bon.
Je prend mon portable et envoie un message à Anthony. Je mourrais, mon amour enfouie au plus profond de moi. Car il me semble impossible qu'un jour je puisse l'oublier. Mais je ne veux pas le salir de mes sentiments impures, je ne lui apporterais rien de bon. J'éteins mon portable, je ne veux pas savoir que ma révélation ne lui fera ni chaud ni froid.

- Écoute, Gaël, si c'est à cause de ce que je t'ai dit hier que tu paraît si triste, alors je m'excuse. Tu es vraiment trop étrange ces jours-ci. Je préfère encore lorsque tu m'insultes à tout bout de champ!
Je regarde mon frère Lionel, le visage inquiet, et rentre dans la voiture me menant à l'école, sans même lui répondre. De toute façon, ce n'est pas comme s'il pouvait y faire quelque chose.
- Bonne journée, Monsieur.
- Vous aussi.
Mon chauffeur n'en revient pas que je lui ais répondu, ce qui est une grande première depuis que je suis enfant. Mais je pense que je devrais réviser ma façon de considérer les valeurs des gens.
Je ne répond pas aux personnes qui me saluent. Quel intérêt de toute façon?
La cloche sonne, annonçant le cour de physique, et je vais m'asseoir à l'écart, au fond de la classe. J'entends les chuchotement de mes camarades mais n'y prête pas attention.
- Salut, comment s'est passé ton week-end?
Je sursaute en entendant la voix d'Anthony qui s'assoit à mes côtés. Je manque de m'étouffer en voyant qu'il a mis en valeur ses yeux à l'aide d'un crayon noir, du brillant à lèvre rosé, un t-shirt noir transparent dévoilant son beau torse fin, un jean taille basse et des chaussures noires simples.
- Mais, tu n'as pas reçu mon SMS? Je murmure la voix rauque, tandis que les babillages s'élèvent autour de nous.
Pourtant, en ce moment-même, que m'importe du « qu'en dira-t-on ».
- Parce que j'aurais dû y faire attention? Je n'allais pas m'affoler pour une petite crise identitère passagère quand même! Ne me dis pas que tu me dis que tu m'aimes et qu'après, d'un seul coup, tu décide que c'est malsain, que c'est mauvais pour moi, que tu ne m'apporteras rien de bon, et toutes sortes de conneries. Écoute, j'arrive enfin à commencer à accepter qu'il y ait un jour plus que de l'amitié entre nous. Ne gâche pas tout, ce serait idiot. Je vais te laisser y réfléchir, je pense que tu en as besoin.
Anthony me fait un léger sourire et s'assoit à mes côtés. Comment pourrais-je lui dire de me laisser tranquille? De ne plus m'approcher? alors que je vois un sourire qu'il ne m'avait jusqu'alors jamais accordé, et que je sais que mon amour est sur le point d'aboutir. Je ne sais pas ce que je veux le plus. Etre heureux avec lui ou être en accord avec les désirs de ma famille.

Par Sweety Lily - Publié dans : Fictions originales - Communauté : Amours Acidulés
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