Baisers manqués
Balance
23 septembre - 22 octobre
Coup de coeur, coup de folie.
Jeux de main, jeux de rôle.
L'amour vous fait perdre le sens des réalités, la jalousie de votre amant devient maladive. Etes-vous sûre de vouloir vous engager dans une relation comme celle-ci?
Valerian jeta le magasine féminin d'Aurélie dans son sac violemment, de telle façon que son professeur de mathématiques se retourna quelques secondes avant de retourner à sa tâche, qui était de
remplir le tableaux de craie blanche... Valerian n'avait pas écouté June, il l'avait sciemment provoqué. Il avait remis ses sentiments en cause. Valerian lui avait inconsciemment demandé une
preuve, l'étendue de son amour. Et par cela avait contribué à la mort d'un innocent.
Un jeune homme innocent, qui se promenaient seul dans une rue la nuit. Ne lui avait-on pas dit qu'il était dangereux de sortir seul quand le soleil se couche pour laisser place à son amante la
lune ? La réponse était apparemment négative, et Valerian s'en voulait. Si seulement il avait le courage de dénoncer... non, pas le courage. La volonté. Lequel était le plus malade des deux ? Le
plus coupable? Valerian doutait. Mais cela n'était pas le plus accablant. Ce qui l'était était la joie malsaine qu'il avait ressenti lorsque son frère lui avait annoncé les méfaits de son amant
et les premières pensées qui avaient envahies sont esprit : « Ainsi donc, il ne m'a pas oublié ».
Il se remémora le poème qui avait cette fois été retrouvé sur le mur extérieur d'une boulangerie lugubre du treizième arrondissement, et qu'il avait finit par mémoriser à force de le lire :
« Parce que j'aspirais
Goûter à tes lèvres quémandeuses, qui ont envoûté
mon coeur fait de plains gré prisonnier,
Je souhaiterais à jamais
Dans la chaleur de ta peau me perdre à jamais,
Fondre dans ton ombre qui hante mes pensées.
A toi qui est rongé par les regrets,
Écoute les supplications d'un coeur déchiré,
Qui attend des mots qui ne viendront peut-être jamais... »
Il ne laissait aucun doute quand au motif de l'acte. Et s'il avait enivré le coeur malheureux de Valerian grâce à ces vers, il avait en revanche plongé Simon dans un bouillon d'incompréhension.
Cette théorie de l'amoureux fou ne tenait pas la route : qui tuerait une personne au hasard pour s'attirer l'amour d'une femme? De plus, il était persuadé que c'était June le meurtrier, et il
l'imaginait mal amoureux. Cela n'avait aucun sens à ses yeux, c'est ce qu'il se disait, tout en inspectant la scène du crime, une petite ruelle mal éclairée par un lampadaire à l'ampoule
clignotante et recouverte de crasse, ainsi qu'encombrée de poubelles d'où se dégageait une odeur nauséabonde de nourriture rance et fétide dû à l'urine et excréments d'animaux en tous genres.
Lorsqu'un policier trouva un objet coincé sous un tas de débris, après plusieurs heures de fouilles minutieuse, Simon eut du mal à croire à la chance qu'ils avaient. Il allait enfin avoir
l'infini satisfaction de le mettre en cage.
*****
Valerian arriva à sept heure et demie du matin, plus tôt qu'il n'en avait l'habitude à son lycée, afin de pouvoir librement et longuement parler avec Mathilde, qui, sachant qu'il souhaitait
converser avec elle, l'attendait déjà devant l'arrêt de bus. Aussitôt l'eut-il trouvé qu'il la mena derrière un des murs du bâtiment des sciences, à l'abri des oreilles indiscrètes.
Il faisait encore sombre à cette heure-ci, ainsi Mathilde ne put voir la fatigue qui marquait le visage de Valerian, et celui-ci ne vit le sourire docile de Mathilde, qui se fana lorsqu'elle
s'approcha pour l'embrasser et qu'il la repoussa vivement.
L'odeur fleurit qui se dégageait de la chevelure de la jeune fille l'accabla, et il dut se retenir de respirer jusqu'à ce qu'elle se fut éloignée.
Après un silence pesant, Valerian commença doucement son explication qui s'annonçait douloureuse.
- Mathilde, je suis vraiment désolé... Je t'aime beaucoup, mais pas comme il faudrait...
A ces moments, le coeur de la jeune fille s'arrêta et elle écouta la suite du récit dans un état second.
- Je n'éprouve que de l'amitié pour toi. Je pensais que cela changerait avec le temps, mais ce n'est pas le cas. Alors je me suis dit que par respect envers tes sentiments, je devais mettre fin à
notre couple.
Le soleil se levant laissait place à la stupéfaction de la jeune fille, permettant à Valerian de l'admirer.
- Mais... gémit-elle. Je croyais que... Tu... Tu es sensible, ce sont les problèmes qui obscurcissent ta pensée ! Cela passera, et tu m'aimera à nouveau, tu verras. Je serais encore plus
patiente, je...
- Tu ne m'as pas écouté, je tai dit que cela faisait un moment déjà...
Valerian se tut. Des larmes dévalées les joues de Mathilde, secouant la tête négativement. Elle attrapa désespérément le pull de l'homme qu'elle aimait, les yeux troublés.
- Tu ne sais pas ce que tu dis, oublions cette conversation. Continuons comme ça, je te montrerais...
- Non, c'est assez, la coupa-t-il aussi doucement qu'il pu pour ne pas la chagriner d'avantage. Je ne peux plus continuer. Tes paroles ne changeront rien.
Elle laissa tomber le pan de son habit, le visage fermé par la peine, avant qu'il ne devienne méfiant.
- Tu aimes quelqu'un d'autre, c'est ça ? Sinon, tu ne souhaiterait pas aussi fermement que nous nous séparions, ce n'est pas dans ta nature. Tu es du genre à te laisser porter par les autres,
jusqu'à ce que tu te cogne contre un obstacle et que tu réalise ce que tu veux n'est pas ce que les autres souhaitent. Tu auras au moins eut la décence de ne pas me tromper et de lutter contre
tes sentiments. C'est de là que te viens ton impuissance, n'est-ce pas ?
Valerian baissa la tête de honte et de culpabilité, et Mathilde du réprimer les élans de son coeur face à cet air de fragilité qui se dégageait de cet être, qui en fin de compte ne lui avait
jamais appartenu, elle s'en rendait compte maintenant, et qui l'avait autrefois séduite.
- Je la connais ? Veut-elle de toi, au moins ?
Le jeune homme nia farouchement d'un signe de tête et Mathilde laissa échapper un « Je m'en doutais ».
- Je ne peux rien te dire, cela vaut mieux pour nous deux. Mais rassure-toi, je n'irais pas avec...
- Qu'importe ! S'énerva la jeune femme. Tu ne m'aimeras pas pour autant, et qu'une autre ne t'ait pas serait une bien prêtre consolation ! Et savoir que je t'empêcherais d'accéder au bonheur dont
toi-même tu me prives, pense-tu que cela me plaise? Je t'aime, et par définition veut donc ton bien-être. Ne te prives pas pour moi, évite juste de me parler... non, évite-moi simplement... Pour
un temps seulement ?
Elle passait de la colère à la tristesse de façon déconcertante, et après qu'il ait acquiescé, elle s'en alla. De derrière, il vit les épaules de Mathilde tressauter... Et malgré la peine pour
elle, il se sentit départit d'un immense poids sur la conscience, bien qu'il en resta encore une, à la taille un peu moins importante.
C'est ainsi que le vent hivernal de décembre balaya cette histoire finit, et qu'un premier flocon apparut, là où les larmes de Mathilde s'étaient écoulées. Une nouvelle histoire pouvait
commencée, plus sombre et à la frénésie ardente qui atteindrait le paroxysme d'amour et de haine qu'un humain pouvait supporter.
*****
- Non, désolé, Val, mais je ne comprend pas. A la limite, que tu ne veuille plus de Mathilde, je peux le concevoir. Mais...
- Putain, Marc, je te dis que je ne peux pas te dire qui c'est ! Alors arrête ! Et si tu savais, tu préférerais oublier. Non, je t'assure, tu ne veux vraiment pas savoir... et cela ne sert à
rien, d'ailleurs. Elle ne veut pas de moi.
Valerian rosit à son mensonge à son mensonge, et Marc dû y voir de la peine, car cela calma ses sentiments emportés.
- Allez, dis pas ça. Bon, je ne t'en veux plus de ne rien m'avoir dit plus tôt, su tu me tiens au courant de l'évolution de cette histoire, d'accord ?
Valerian sourit difficilement à son ami, et Marc, soulagé, fit alors une plaisanterie sur une des filles se trouvant devant eux, afin de lui dérider son visage soucieux.
Cyril et Hugo, qui étaient à la table de derrière se mêlèrent à la conversation. Valerian profita d'un de ces moment devenus rares qu'il s'espaçaient de plus en plus, mais qu'il avait autrefois
partagé quotidiennement avec eux. Il enfouit dans un recoin de son âme les soucis qu'entraînaient son coeur. Il en avait besoin. Pour cinq minutes, au moins, sinon il sentait qu'il deviendrait
fou.
*****
Valerian était au Sunday, entouré de ses amis, grisé par l'alcool, lorsqu'il reçu un appel de son frère :
- Val, désolé... j'ai appelé à la maison et tu ne répondais pas, alors j'ai supposé que tu étais avec tes amis, ce qui est confirmé par les bruits que j'entends autour de toi.. Voilà, maman est
seule à la maison...
- Simon !
- Ne cris pas ! Tu as bu, c'est ça ?
Il soupira longuement tandis que Valerian essayait de démentir se fait, puis reprit :
- Laisse-moi t'expliquer quand même. Nous avons retrouvés un objet sur le lieu du crime qui ne peut qu'appartenir au meurtrier, étant donné qu'il est taché de sang, malgré qu'il ait été sous un
amas de détritus. Et il ne reste que quelques heures avant de découvrir si de Liris est l'auteur de tous ces crimes...
Simon se tu, lorsqu'il entendit que Valerian avait raccroché, et soupira une fois de plus en pensant qu'il devrait avoir une discussion avec son jeune frère au plus tôt.
*****
June allait être arrêté et conduit en prison... A cette idée, Valerian eut un haut de coeur et régurgita une partie de ce qu'il avait bu durant la soirée sur le sol, devenant l'immonde principal
attraction, en quelques secondes. Ses amis le soutinrent et voulurent le mener jusqu'aux toilettes, mais Valerian les repoussa. Il prit un des verre qui traînaient sur la terre et qui était bien
remplit, et l'avala pour se donner du courage. Sa tête lui tourna un peu plus. Vodka. Parfait. Il sortit maladroitement du bar et se traîna misérablement jusqu'au métro, hélé par ses amis et
Aurélie. Là, il regarda l'adresse écrite sur le papier, que June lui avait donné et qu'il gardait depuis précieusement dans son porte-feuille. Il regarda la ligne qu'il devait prendre et du s'y
reprendre à plusieurs fois, ses pensées s'arrêtant parfois en cours de route.
Les gens l'évitaient, il semblait à ce Valerian que les bons gens se couchaient avant dix heure du soir, car plus il se rapprochait de sa destination, moins il y avait de gens.
Il arriva d'une façon qu'il ne saurait dire comment devant la porte d'entrée de June. Il rattrapait son souffle, n'ayant pas eu l'idée de prendre l'ascenseur au lieu de monter les sept étages de
l'escalier, lorsqu'il se retrouva nez-à-nez devant June, séduisant comme toujours. Ses cheveux prenaient un reflet cuivré à la lueur tamisé du couloir, et son costard noir accentuait son air
froid et insensible. Le visage de l'homme était tout prêt de celui de l'adolescent, sa peau semblait douce, lise, sans défaut, et agréable à toucher. Quelques mèches frôlées son front et ses
joues. Il paraissait ne rien ressentir, mais Valerian savait que ce n'était qu'une illusion que June donnait volontairement de lui. Bon, et peut-être aussi ne ressentait-il quelques sentiments
humains qu'en sa présence, Valerian devait l'avouer. Mais cela n'était qu'un détail à cet instant.
June ouvrit la bouche, et le jeune gomme admira sa rangée de dents blanches, et l'agréable senteur de menthe qui s'en dégageait, ainsi que ces deux-lèvres pâles... Qui semblaient si douce... Si
agréable à embrasser...
- Tu empestes l'alcool.
Voyant que Valerian ne disait rien, la bouche à moitié ouverte, ne lui donnant pas l'air très frais et débordant d'intelligence, June fronça légèrement les sourcils.
- Si tu n'as rien à me dire, j'ai quelque chose d'urgent à accomplir. Tu as bu, reste chez moi, nous parlerons quand...
- Non, va't-en.
- C'est pour me dire cela que tu es venu ici ? Tu me fais perdre mon temps.
Valerian ne comprenait pas pourquoi June agissait aussi rudement avec lui, et son cerveau embué par l'alcool ne l'aidait en rien. Il ne pouvait savoir que June devait finir une de ses «
obligations » et qu'il n'aimait pas les contre-temps, dans ces moments-là.
- Tu ne comprend pas, gémit Valerian en agrippant le veston de June. Ils vont t'arrêter, ils ont retrouvés une de tes affaire sur le terrain !
Un léger sourire se forma sur les lèvres de June, et cela transforma son visage : il en devenait plus séduisant encore. June fit entre le jeune homme dans son immense appartement, qui paraissait
surdimensionné à l'adolescent, et les cadres d'ors le fascinait.
June força Valerian à s'asseoir avec lui sur le divan en cuir.
- Comment sais-tu cela ?
- Mon frère me l'a dit.
- Je comprend mieux, c'est sûrement pour cela que ce détective ne me suis plus.
Voyons l'air ahurit de Valerian, il dit nonchalamment :
- Allez, ne t'inquiète pas, mon mignon, il ne m'arrivera rien, tu vois bien que je sais me débrouiller seul.
- Mais...
June lui prit le visage en coupe, et lui caressa doucement la joue du bout des lèvres, puis se leva, faisant grincer le cuir.
- Bien, nous verrons la suite de main, je ne suis pas un violeur d'enfant.
Valerian se releva, titubant et prêt à partir, mais June lui demanda, le dos au mur, et le toisant moqueusement :
- Que fais-tu ? Il commence à se faire tard et je ne peux te laisser quitter mon domicile dans cet état. Allez, suis-moi.
Valerian prit la main que June lui tendit et ils allèrent jusqu'à la chambre de l'hôte. Celui-ci ne manquait pourtant pas de chambres d'amis, bien qu'elles ne lui servaient ç rien, et pourtant,
bien que Valerian s'en doutasse, il ne rechigna pas à se coucher dans son lit. Aucun mot de plus ne fut prononcer.
June retourna s'hydrater et se déshabiller. Il s'allongea aux côtés de Valerian vêtu d'un boxer et d'un fin t-shirt blanc. Le jeune homme avait les yeux fermés, mais à qui la respiration se
faisait trop rapide pour que son sommeil ne fut pas simuler.
Ils se blottirent l'un contre l'autre, et lorsque le sommeil les yeux réunit dans le sommeil des songes, un sourire s'épanouit sur les lèvres de June.
A sa fenêtre, Simon pouvait voir des centaines d'étoiles étinceler au coeur de la ville en permanence éveillée.
Désolée, je n'ai pas eu le temps d'écrire pour certaines raisons (bac, famille, un projet en cours dont je vous ferais part bientôt, etc.) j'espère que vous ne m'en voudrez pas trop.