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Depuis le jeudi 03 juillet 2008

Blogs de fics Boy's Love

Vendredi 11 avril 2008

Chapitre II

Pour que tu m'aimes...


Point de vue de Anthony


- T’es sûr?

- Oui.

- Vraiment sûr?

- Oui.

- Vraiment, vraiment sûr?

- Oui!

Non, mais... C’est pas vrai! Cela fait une semaine que cela dur, et en plus de dormir dans ma chambre, décider mes habits, et rester scotcher à moi telle un koala, elle me harcèle!

- Mais Antho!

- Je te dis que non, Pearl!

- Antho, elle a raison, je pense…

Et voilà Calypso qui s’y met, je la préviens d’un ton menaçant:

- Si toi aussi tu t’y mets, tu peut tout de suite allez faire adieu à ton futur ex-copain!

Ce qui a pour effet d'immédiatement la faire taire. Non mais!

- Mais j’ai bien vu comment tu le regardes; Avec fougue, passion…

- C’est exact, je rêve de le tuer avec fougue et passion!

Là, c’était l’argument de choix, elle baisse la tête; je l’ai achevé.

- Ne dit-on pas que le sentiment le plus proche de la haine est l’amour!

J’ai toujours su qu’elle n’était pas humaine...

Je m’affale sur le matelas de ma sœur constellé de peluches, et soupire, vaincu:

- J’abandonne, ça ne sert à rien de continuer. Dis ce que tu veux, l’important est que moi, je connais la vérité.

- Non, tu te mens à toi-même, dit-elle en me caressant affectueusement les cheveux.

Je lui pousse sa main, vais dans mon lit et me tourne vers le mur. Je marmonne:

- Je suis fatigué, bonne nuit.

Je n’écoute pas ce qu’elles me répondent, mais je les entends partir avec le matelas. Une fois sortie, je me retourne sur le dos. Vraiment, elles sont fatigantes. Où ont-elles pu aller chercher une telle idée ? Je savais que c’était mauvais, quand je l’ai vue débarquer à l’école.

J'avoue penser à lui plus que je ne le devrais, mais c'est parce que je le déteste pas pour une autre raison ! Les femmes ont une de ces imaginations, parfois ! N'importe quoi...

Enfin, arrêtons de penser à lui, je leur donne raison. Une chose que je trouve étrange, c'est que personne ne s’est rendu compte que c’était ma sœur… mais ce qui n’est pas plus mal. Je ne veux pas avoir à faire avec des profiteurs qui voudraient se rapprochaient de ma sœur. De toute façon, il n'y a pas à voir, elle est évidemment trop bien pour eux ! Même si un peu agaçante par moments...

Et quelle imagination fertile pour s'imaginer que... et voilà, je reviens toujours sur le même sujet

- Je te maudis, Gaël ! Tout est toujours de ta faute.

Non, je ne suis pas d'une mauvaise fois affolante. Je suis un homme, comme dirait Calypso.

ooOOoo


- Antho! Anthooo !

Une voix stridante me force à ouvrir les yeux, malgré mon envi de roupiller un peu plus. Une fois que j’arrive à distinguer des formes, ce sont deux yeux que je vois en premier, ce qui me fait sursauter et battre mon cœur à mille à l’heure.

- Ah, tu es enfin réveiller, dis Pearl en passant la tête par la porte. Allez, va t’habiller, on t’achètera quelque chose à manger sur la route.

- Mais on est samedi! Dis-je fort mécontent.

- Oui, justement, nous allons faire un peu de shopping, et on voulait que tu nous accompagne, me répondit Calypso.

- J’veux pas, dis-je en mettant mon coussin sur mon visage.

Calypso me le prend alors, et me dis:

- Vas tout de suite t’habiller. Et ne reste pas trois quarts d’heures sous la douche, comme à ton habitude! M'ordonne-t-elle.

Je ne prends même pas la peine de lutter et vais sous la douche, les yeux à moitié ouverts. Elle peut être très effrayante, quand elle à une idée en tête. Et je préfère éviter le carnage si tôt dans la matinée. Pff, les femmes au pouvoir et ce serait direct la dictature !

Une fois sous le jet d'eau chaude, je lutte contre l’envie de me rendormir. Finalement, je suis obligé de sortir quelques minutes plus tard car je me surprends à m’assoupir contre le carrelage froid du mur.

Je sors, j’enfile à toute vitesse un t-shirt blanc, ainsi qu’un jean large et un pull gris délavé, me lave rapidement les dents - même si je n’ai pas encore mangé -, et passe un coup de peigne qui me les ébouriffe plus qu’il ne me les coiffe.

Je sors ensuite de la salle de bain vingt minutes plus tard.

Quand mes sœurs - qui s’étaient tranquillement assises sur mon lit tout en lisant un magazine de potin pour femmes au foyer - m’avisent, elles font une drôle de grimace, et j’entends un :

- Aucun sens de l’esthétique.

Je rêve ! C’est le comble, ça ! Peut-être que si elles n’étaient pas venues me réveiller, j’aurais pris plus de soin à me préparer ! Mais non... Et je n'ai même pas le temps de protester qu'elles m'empoignent déjà par les bras. Sympa, les filles.

Nous sortons donc, après avoir dit à ma mère que nous allons au centre commercial.

Une fois arrivé à destination, voyant tout le monde qu’il y a, je fais un mouvement en arrière, et l’idée de m’enfuir en courant me paraît la meilleure idée.

Mais mes sœurs doivent lire dans les pensées, car à peine ais-je pensé cela, qu’elles me prennent chacune par la main, et m’entraînent dans cet enfer terrestre...

ooOOoo


Ma tête semble être sur le point d'exploser! Quand mes chères sœurs parlaient de me relooker, ce n’était apparemment pas des paroles en l’air. Et elles doivent vraiment y tenir car quand je leurs ais dis qu’il était « Hors de question que je dépense ne serait-ce qu’un centime » pour ce qu’elles comptent me faire porter, elles ont décidées d’utiliser leurs propre argent pour me les acheter.

Je suis tellement abasourdi que je ne dis plus rien. Mes radines de soeur me payant quelque chose... Quand est-ce que je me réveil ?

J’ai tout d’abord le droit à un magasin de lingerie masculine, ce que je refuse tout bonnement, ce à quoi mes sœurs me font la remarque subtile:

- C’est trop la honte tes sous-vêtement, ils sont informes et hideux. En plus, comme tes jeans sont larges, ont les vois, l’horreur! S'exclame horrifié Calypso.

- Et imagine, tu dois te déshabiller devant Gaël, t’as pas envi qu’il se moque de toi, ou que ça lui coupe l’envi, quand même! Rajoute Pearl.

Je vais gerber, un petit rire hystérique m'échappent. Elles commencent sérieusement à me taper sur le système avec Gaël. Vu comme elles ont été discrètes pour me dire ça et que tout le monde me regarde comme une bête curieuses grâce à elles, j’ai comme l’impression que dans quelques jours toute l’école sera au courant de mon soi-disant grand amour pour Gaël. Merveilleux. Pourquoi ne pas leur crier que j'ai pissé au lit jusqu'à cinq ans, tant qu'à y être ?

Là, maintenant, tout de suite, je me demande ce qui fait le plus mal entre se pendre et se jeter par la fenêtre. J’hésite. Le problème, c’est qu’elles profitent de ma réflexion pour m’emmener dans le magasin et je me retrouve cinq secondes plus tard avec un string sous le nez.

Je ne sais si je dois rire ou pleurer. Ce dont je suis sûr, c’est que l’instant d’après, j’essaye de le leurs faire manger, leurs foutu string.

Finalement, une demi-heure plus tard, je ressors avec des sous-vêtements à peu près convenables.

Alors que je suis allé chercher des pâtisseries et des bonbons pour les monstres, et qu’il y avait une attente de plus de trois quarts d’heures, mes sœurs en profitent pour s’éclipser. Et quand elles reviennent, c’est avec je ne sais combien de paquets et un rendez-vous pour lundi soir au coiffeur.

Je me sens soudainement fatigué, mais fatigué! ... Elles m’ont complètement maté.

Je ne dis plus rien, et refuse de voir les vêtements qu’elles m’ont achetés. Non mais c’est vrai, je ne tiens pas à mourir, mon petit cœur risquerait de lâcher.

- Et les habits que l'on t'a acheté, c'est pour les chiens, à ton avis? Se fâche Pearl, en me voyant lundi matin entrer dans sa voiture, alors qu'elle passe au rayon X mes vêtements.

Je soupire, mais ne répond pas. Le voyage se passe dans le silence; je crois qu'elle est fâchée.

Pearl me laisse un peu avant l'entrée de l'école, et redémarre pour aller se garer dans le parking des professeurs.

Alors que j'entre dans l'établissement, je n'entends aucune injure qui m'accompagnes pourtant d'habitude lorsque j'arrive. Je m'approche discrètement d'un groupe de personne et entends:

- Je te l'avais dis que cette femme était une...

- Arrête, Sophie! Intervint un garçon. Je suis sûr que c'est un mensonge, Mademoiselle Pearl n'est pas une ancienne strip-teaseuse, c'est que des ragots !! Et puis franchement, ce serait pas si ma...

- Tu veux dire que tu ne crois pas Gaël ? Crache ladite Sophie.

- Quoi, c'est lui qui l'a dit ?

- Oui.

- Ouais, mais...

Je n'attends pas d'entendre la suite. Je boue littéralement de rage. Le sonnerie retentit, et je me précipite en classe. Une fois que j'ai monté tous tous les escaliers à toute vitesse. J'ouvre la porte avec force et me dirige vers Gaël :

- Toi ! Pourquoi... Pearl... dis-je en essayant de reprendre mon souffle.

Tout le monde s'est arrêté de parler pour nous regarder.

- Mais c'est la vérité, Antho...ny.

- Ne raconte pas n'importe quoi! Que tu t'en prenne à moi passe encore, mais à ma soeur, certainement pas ! La seule chose que ma soeur ai fait de mal dans sa vie est de se préoccuper trop de ma vie privée, de m'acheter des vêtements dont je n'ai pas envi, et d'être persuader que tu es l'homme idé... Oh et puis merde, laisse tomber.

Je m'enfuis sans finir ma phrase. Dire que j'avais passé le week-end à réfléchir sur lui et mes sentiments, et que j'avais conclu qu'en effet, il pouvait avoir des bons côtés! Je le déteste...


ooOOoo


Point de vue de Gaël


Ce n'est qu'un cauchemar, un affreux cauchemar... Il ne vient pas de me dire que Pearl est sa soeur, qu'elle lui disait que j'étais l'homme idéal -enfin, il l'a presque dit... -, et qu'après il s'est enfui et que je viens donc de réduire à néant mes chances de le séduire un jour. Oui, c'est cela. Ce n'est qu'un...

- Gaël, tu vas bien ? Je dis ça parce que tu fais une drôle de tête, si c'est à cause de l'autre pd...

Je fusille mon camarade de classe du regard, histoire de lui faire comprendre que s'il dit un mot de plus, il passe par la fenêtre.

- Déjà, on dit homosexuel et pas « pd », de plus il ne l'est pas et même si c'était le cas, ça ne te regarderait pas. Et enfin, il plaisantait en disant cela. Ne prend pas tout au premier degré. Maintenant vas-t'en et dit à ceux qui ont tout entendu de ne raconter cela à personne, où vous aurez affaire à moi.

Je pense qu'il a compris, étant donné la vitesse à laquelle il s'éloigne.

Tant mieux. Je passe la première partie de la journée à ruminer des idées noires et la deuxième à trouver comment réparer mon erreur. Mais aucune idée ne me vient, avec ces professeurs qui ne font que parler.

Je trouve finalement la réponse le soir, vers trois heures du matin. Il ne me reste plus qu'à me lever tôt demain, pour mettre tout le monde au courant avant l'arrivée d'Anthony.


ooOOoo


Cela fut plutôt facile de les convaincre ; ils boivent tous mes paroles comme si j'étais Dieu en personne. J'ai donc dit que la personne qui m'avait dit que Pearl était strip teaseuse avait profité de ma crédibilité, et qu'elle avait inventée cette histoire car elle était amoureuse d'elle et qu'elle avait dit cela pour se venger. Mais comme elle s'en voulait, elle m'avait rappeler pour me dire la vérité.

Enfin, une histoire à dormir debout, quoi.

J'attends alors avec impatience le moment de son arrivée. Lorsque je le vois entrer dans la classe, je n'entends pas les cris excités des filles, et les regards envieux et remarques acerbes empreintes de jalousie de mes camarades masculins.

Le silence se fait autour de moi, et je regarde l'élu de mon coeur - si je puis dire - faire une apparition fracassante. Main dans ses cheveux coupés - lissés, en dégradés, et avec des mèches devant les yeux -, lèvres rougie, T-Shirt en résille, avec dessous un débardeur moulant noir déchiré, un pantalon en cuir moulant, et des bottes noires. Autant dire que rester impassible devant cette vision de rêve me paraît être une mission quasi impossible. Car tout est possible pour ma merveilleuse personne, bien évidemment.

Je le vois donc ensuite s'excuser pour son attitude du début d'année, l'air adorablement contrit. Ce que tous, et surtout toutes, acceptèrent au bout d'un léger moment – cinq minute maximum -, à condition qu'il ne recommence plus, ce qu'il promit.

Et après, que l'on me dise que le physique ne fais pas tout... Enfin, bref, durant la journée, il réussit à se lier d'amitié avec bon nombre d'élèves. Même ceux qu'il avait jadis martyrisé. Sauf moi. Il m'évita d'une façon des plus flagrantes et je compris que son petit manège avait pour but de me faire souffrir et regretter mes actions... A-t-il compris que je l'aimais ? Il ne m'avais jamais paru très intelligent, pourtant...

Mais je soupçonne que oui et aussi chez lui une certaine tendance sadique, vu la façon dont il fait attention de me frôler, et les regards qu'il me lance. Et on peut dire que cela marche, et pas qu'un peu. Je suis fou de jalousie dès que la moindre personne l'approche. Il n'a aucun goût, comment peut-il laisser ces crétins boutonneux le toucher ! Il va attraper la peste !

Voilà comment se passe la semaine qui s'ensuit. En constante inquiétude et bafoué par la seule personne comptant à mes yeux. Au début, ce n'était que possessivité de ma part, et mon ego qui souffrait. Mais au fur et à mesure du temps, cela fut remplacer par une douleur vive et une tristesse accrue.

J'ai toujours eus ce que je voulais, ne manquant jamais de rien, admiré par tous, et faisant des envieux partout où j'allais. J'ai toujours fait ce que les gens voulaient que je fasse, ce qui était mon devoir. Mentant, souriant tel un hypocrite, idéalisé par des filles rêvant de princes charmant, des adolescents en quête d'un model, et par la société rêvant d'êtres parfaits.

Voilà de quoi a été ma vie, un tissu de mensonge, une toile où je ne pouvais me dépêtrer, ne sachant plus discerné le vrai moi, ce que j'aimais de ce que je détestait. Et lorsque j'ai croisé la première fois le regard d'Anthony, c'est fasciné que je me suis senti. Par ses yeux hors du commun où se lisait une franchise bouleversante, une beauté sortant de l'ordinaire. Je me suis sentis transpercé lorsque j'ai croisé ses yeux et qu'il m'a adressé la parole. Il respirait la joie de vivre, et parlait sans réfléchir, le contraire de moi qui n'ouvre la bouche avant de réfléchir aux conséquences de mes paroles ou de mes actes.

Du moins, d'habitude, car quand je suis avec lui, je suis si bouleversé que je dis la première chose qui me vient à l'esprit, ce qui n'est pas toujours la meilleure chose à faire. Je trouvais dans nos « batailles » un moyen qu'il me remarque, de me rapprocher de lui, sans penser une seule seconde aux conséquences désastreuses que cela pourraient causer.

Sans parler du fait que nous soyons tous les deux des hommes. J'avais voulu fuir mes sentiments, mais cela m'avait été impossible, son sourire étant devenu indispensable à mon bonheur, nos querelles faisant parti du petit train-train quotidien. J'avais du me résoudre à accepter ce sentiment qui nous rend à la fois euphorique et malheureux. Homme ou femme, l'amour n'a pas de sexe, je suppose...


ooOOoo


Cela fait donc plusieurs jours que je ne vais à l'école que pour travailler, et repars une fois les cours finis, en évitant soigneusement Anthony. Mes amis se sont vite éloignés de moi pour tourner autour d'Anthony. Alors qu'ils ne faisaient que le critiquer, rappelons-le. Bande de superficiels, pantins manipulés par la télévision et magasine, où seule l'image et le physique compte... Oui, je suis distingué jusque dans mes insultes, moi.

De plus, ma dispute avec celui qui insultait Anthony a fait le sujet d'une rumeur, où j'aurais sois-disant dit qu'Anthony était un « Sale gay pédophile à tendances sado-masochiste ». Je me demande jusqu'où vont les rumeurs. Bientôt on va dire que j'ai aussi dit qu'il était zoophile et nécrophile.

La stupidité des gens m'étonnera toujours. Qui écoute des rumeurs aussi stupides ? Tout le monde apparemment. Et quelque chose me dit qu'Anthony aussi, allez savoir pourquoi...

Les jours passe à une vitesse affligeante, et après un week-end à réfléchir, j'ai décidé d'aller m'excuser auprès de mon professeur, la soeur d'Anthony. Non pas pour conquérir le coeur de celui-ci, cela ne marcherait – quoique... - mais tout simplement car c'est la moindre des marques de respect, et le minimum que je puisse faire après ce que que je lui ai fait.

Je vais donc le lundi matin, à la fin du cour, au bureau de Mademoiselle Pearl.

Je croise alors le regard méprisant d'Anthony et de ses nouveaux « amis ». Son regard est plein de ressentiment, et on peut y lire une telle haine et soif de vengeance... Je tourne le regard, l'impression que mon coeur saigne, et qu'il va exploser à force de battre si fort. Un noeud à l'estomac me tiraille, puis la nausée me surprend. La main sur la bouche, je me rue dans le couloir sous le regard surpris de tous et pousse les personnes devant mon chemin. J'arrive de justesse jusqu'à une des cuvettes des toilettes de l'école et régurgites le peu que j'ai mangé le matin même.

Lorsque j'en sors, je m'arrête, surpris, et vois Pearl, l'air inquiète, qui me sourit gentiment :

- Gaël ? Tu vas bien ? Je t'ai vu partir précipitamment alors que tu étais visiblement venu me parler, alors je suis venu voir si tu allais bien. Je t'ai entendus vomir, mais je n'ai pas oser rentrer avec tous les garçons qui y étaient.

Sa voix douce, et son expression bienveillante, me rappellent ma méchanceté et mon injustice envers elle, et la honte me submerge. J'avais faux sur toute la ligne.

Je décide finalement de m'excuser :

- Je suis désolé, j'ai dis des choses affreuses sur vous, je...

Les larmes commence à couler le long de mes joues, Pearl fait un pas en arrière et veux parler, mais je continu :

- Je suis inexcusable. Je n'ai fait qu'empirer les choses, et j'ai bien mériter la haine de votre frère...

- Non, dit-elle doucement. Je ne t'en veux absolument pas. Après tout, tu as rectifié tout dès le lendemain ? Alors ne pleure pas... De plus, tu étais simplement jaloux, n'est-ce pas?

Je suis lamentable, c'est moi qui ait sali sa réputation, et c'est elle qui s'excuse. Et pire, je me met à pleurer comme une femme. Paradoxalement, cette pensée fait redoubler mes larme. J'essaye malgré tout de me calmer; je suis un homme de famille noble, je ne peux pas pleurer telle une fillette, ni avouer mon secret honteux. Il ne faudrait pas que mes parents l'apprennent... Je me mord les lèvres, et essuies à toute vitesse mes larmes.

Je lui fais un sourire maladroit, et répond :

- Jaloux ? De quoi ? Non, je suis désolé. Je suis à cran ces jours-ci, veuillez m'excuser.

Et je court de toute ma vitesse, sans regarder derrière moi, essayant de fuir la vérité. Pourquoi cela arrive-t-il à moi ? Si Anthony avait voulu de moi, alors je l'aurai peut-être avouer, car pour lui je serais capable d'affronter mes parents, mais pourquoi devrais-je subir cela si je sais mon amour impossible ? Je suis vraiment pitoyable.

A quoi cela sert-il d'être aussi parfait si c'est pour se voir autant souffrir? Enfin, parfait, non. Un homme qui en aime un autre ne peut être considéré comme parfait. Tout cela à cause de toi, Anthony. Si tu savais à quel point je souffre, rigolerais-tu? Sans aucun doute. Alors que moi, je serais prêt à tout pour toi, même les choses les plus folles, les plus dangereuses.

Ne faisant pas attention où je vais, je me retrouve dans un quartier dit « pas fréquentable ».

Je ne savais pas que l'on pouvait vivre dans une telle misère : poubelles renversées, chiens errants, voitures volées abandonnées, appartements tombants en ruines, pleures d'enfants, et enfants et adolescents traînant dans les rues. En fait, moi qui ais toujours vécu dans le luxe, voir un tel seuil de pauvreté me laisse bouche bée. Je ne savais pas que cela pouvait exister dans mon propre pays.

Je marche vite, aux aguets, jusqu'à une impasse où je sors mon téléphone portable. Qui bien sûr n'a plus de batteries. Je ne peux donc pas appeler mon chauffeur, et suis coincé dans cette sombre ruelle. Je me coince entre une poubelles et des cartons pourries et essaye de réfléchir à une solution.

Mais mon esprit n'arrive pas à se concentrer sur autre chose qu'Anthony. Alors que je ressasse sans cesse son comportement cruel envers moi, j'entends des pas. Je relève la tête et voit une bande de jeunes s'avancer vers moi. Ils sont environs sept et celui que je suppose être le chef me regarde avec un sourire mauvais. J'essaye de me reculer, mais le mur me bloque. Je commence à être effrayé. J'ai beau être fort, je ne fais pas le poids contre sept garçons tous plus vieux que moi.

Le leader me dit d'une voix grave et menaçante :

- Eh, toi, l'fils à papa ! Tu t'es perdu ou quoi?

A ces mots, tous ses amis éclatent d'un rire gras et bête.

- Si tu veux rester en vie, j'te conseil d'm'passer tes fringues et ton fric, continue-t-il.

- J'ai rien.

Je sais que je ne devrais pas mentir, mais après tout, à quoi bon. Mensonge ou vérité, cela fini toujours mal.

A ces mots, le jeune homme semble s'énerver et tape contre le mur, s'ensanglantant par la même occasion le poing.

- Fous-toi de ma gueule, p'tit con!

Que de poésie. Je regarde son sang coulé et me rend compte que je n'ai pas à avoir peur. Je n'ai plus rien à perdre, à part cette douleur inconsolable. J'en ais rien à foutre de cette vie de merde. Si je ne peux avoir Anthony, alors rien n'a plus d'importance à mes yeux.

Je relève alors la tête et le regarde, un sourire ironique au coin des lèvres, et répond :

- Puisque c'est demander si gentiment, j'accepte, mais c'est bien pour toi que je le fais, mon lapin.

Ma réplique semble d'abord le décontenancer, puis une fois qu'il a repris ses esprits, il se rue sur moi. S'ensuit alors une bagarre déchaînée entre nous deux. Je ne pense qu'à passer mes nerfs, à me défouler sur lui. La peine me ronge, la tristesse me fait oublier la douleur des coups. Plus rien ne m'importe, je cherche à tout oublier, en vain, ce qui redouble ma colère. Alors qu'il est salement amoché, il demande de l'aide à ses amis qui étaient restés pétrifiés jusque là.

Ceux-ci se mêlent alors à la bataille, les coups redoublent. Je ne vois plus qui je frappe, ni d'où les coups proviennent.

Puis les forces m'abandonnent. Je ne sens plus mon corps, mon esprit est comme embrumé. J'entends une voix familière, des pas résonner, des cris inquiets, et enfin sa voix. Anthony est là, à mes côté, et c'est la seule chose qui m'importe.

- Suis-je mort? Je questionne faiblement.

Son regard montre du désarroi et de... l'inquiétude? Puis son visage exprime de la détresse, je vois sa main tenant un couteau où coule des gouttes de sangs tomber.

- Mais que raconte-tu ? Que veux-tu de moi à la fin ? T'es obligé de tout le temps me faire chier ?! Je ne t'ai jamais rien de mander! Me crit-il.

Je murmure alors, un sourire triste aux lèvre :

- Je veux juste que tu m'aimes... Avant d'avoir l'impression de tomber dans du coton.

Je me laisse porter par cette sensation de bien être. J'entends juste le cri d'Anthony près de moi, mais je me sens si lasse de tout ça. Je n'arrive plus à réfléchir correctement. Je me sens enfin bien, mes soucis évaporés avec ma culpabilité.

Par Sweety Lily - Publié dans : Fictions originales - Communauté : Amours Acidulés
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