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Ce Blog met en scène des
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Depuis le jeudi 03 juillet 2008

Blogs de fics Boy's Love

Mercredi 2 avril 2008

Chapitre IV


Jeux de main...



- Dis, Val, je comptais aller m'acheter quelques habits au centre commercial demain, et je me disais que ça serait cool que l'on passe la journée tous les deux. Tu pourrais me conseiller selon tes goûts la matinée, on mangerait ensemble le midi et l'après midi nous pourrions aller au cinéma. Enfin, ce n'est qu'une idée, je sais que faire les boutiques n'est pas l'activité préféré des hommes, mais je me disais que ça pourrait être sympa, enfin... tu vois, comme on n'a pas encore passé beaucoup de temps ensemble...

Valerian sourit aimablement à son amie qui se tordait les mains d'appréhension.

- Tu as raison, Mathilde. J'avais prévu d'aller chez Marc, mais je ne pense pas qu'il m'en voudra si je ne viens...

Marc qui raclait le fond de son yaourt avec les doigts, fit non d'un signe de tête.

- Génial ! J'avais tellement peur que tu ne veuilles pas ! Pour le film, tu sais ce que tu veux voir ?

- Oh... euh... non. On verra ça sur le moment, non ?

- Ce n'est pas comme si vous alliez le regarder, plaisanta Aurélie.

- Aurélie ! S'exclama vivement Valerian, gêné.

- Ils se sont bien trouvés, ces deux-là, quand-même rit Hugo.

- Oh, toi, c'est pas en approuvant ton ex qu'elle va revenir avec toi, crétin, s'énerva Mathilde.

Ses amis la scrutèrent, faussement choqués. Même Valerian se laissait aller par l'atmosphère plaisante qui régnait dans le petit groupe et les imita.

- Qu'avez-vous fait de notre Mathilde ? Vade retro Satanas, extraterrestre ! plaisanta Marc d'un ton faussement sérieux, tout en faisant le signe de la croix contre le coeur de la jeune fille... Ce qui entraîna bien évidemment des éclats de rire de la part des adolescents, y compris Aurélie qui n'était pas une mauvaise âme et qui acceptait sans difficultés les plaisanteries faîtes à son escient.

Pour la première fois depuis longtemps, Valerian se sentait comme tout adolescent normal de son âge, et il se laissa bercé par le sentiment de plénitude qui l'avait envahi.


ooOOoo


- Est-ce qu'elle me vas bien ?

- Oui...

- Non, elle fait ressortir mon ventre.

Valerian se demanda de quel ventre Mathilde parlait. De sa peau ou de ses os ? Cela resterait un mystère irrésolu.

- Rouge ou orange ?

- Orange, j'aime bien.

- Hum... non, ça fait trop excentrique, et ce sera plus dur pour trouver des chaussures afin d'aller avec.

Il se demanda à quoi il servait, étant donné que son avis n'était pas pris en compte, ne serait que pour une paire de chaussette. Il ne trouvait pourtant pas avoir si mauvais goût...

- Mais j'hésite, noir c'est bien aussi...

- Mathilde, s'énerva Valerian. Le rouge est très bien, ne serait-ce que pour te démarquer des autres. Tout le monde porte du noir de nos jours ! De plus, si cela amincit, tu n'en a absolument pas besoin ! Alors que la couleur fera plus ressortir ta poitrine,ce dont une femme ne refuse jamais, il me semble. Et pour les chaussures, des noirs iront très bien.

- Mais j'en ai déjà beaucoup de rouges...

- Et tu as raison, car cette couleur met en valeur ta beauté naturelle.

- Oh. Bon, eh bien je vais t'écouter. Si ça te fait plaisir, alors c'est le principal.

- Allons l'acheter, dans ce cas.

- Oh, non, ils font des chaussures aussi, et j'en ai très besoin.

Valerian regarda les baskets qu'elle portait, et ne comprit pas pourquoi elle avait besoin d'autres chaussures. Celles-ci lui semblaient très bien. Mais il du se résoudre à assister à un énième essayage qui furent suivit de tout un défilé de mode, jusqu'à ce que Mathilde se décide enfin à prendre la première qu'elle avait essayée....


ooOOoo


- Val, j'ai envi d'aller aux toilettes.

- Oh, okay, je t'attend devant la...

- Tu ne veux pas plutôt m'accompagner? demanda Mathilde en prenant la main de Valerian. Je n'aime pas y aller seule, et tu pourras me tenir mon manteau.

- D'accord, soupira le jeune homme, allons-y.

Elle sourit joyeusement, et commença à le promener parmi la foule, en habituée des lieux.

- Au fait, Noël est dans seulement deux semaines, tu fais quelque chose?

- Oui.

- Ah, c'est pas grave, on pourra se voir un autre jour, mais je...

C'était faux. Avant la mort de son père, Valerian et sa famille avaient toujours passés Noël ensemble, mais depuis ce jour-là, Valerian passait la fête à regarder la télévision, Simon était accueillit dans la famille de sa fiancée en Bretagne et sa mère passée la soirée cloîtrée dans sa chambre à pleurer.

L'adolescent n'avait pas le coeur à laisser sa mère seule, et il craignait secrètement pour sa santé. Ainsi, il ne s'inquiétait pas la journée, où une infirmière prenait soin de la malade.

Mais si jamais son frère s'absentait le soir, Valerian restait avec elle, peu importe ses projets initiales. Ses amis le savait et le respectait, sans jamais s'en plaindre.

Les deux adolescents arrivèrent devant les toilettes public du centre commercial, où le côté fille était bondé de femmes faisant la queue.

Après un regard d'excuse, Mathilde lui tendit ses affaires pour prendre sa place dans la file d'attente.

Valerian se cala contre un bout de mur, à côté d'hommes attendant leur amie, fiancée ou femme.


ooOOoo


Cela faisait cinq minutes à peine et il râlait déjà contre cette manie qu'ont les femmes d'aller tout le temps aux toilettes, lorsqu'il fut bousculé.

- Excusez-moi, dit-il par automatisme, avant de tourner la tête afin de voir à quoi ressemblait cette personne qui l'avait légèrement poussé.

Costume blanc et chemise rouge, June se tenait devant lui dans toute sa magnificence. A cette vue, le teint de Valerian oscilla : il s'installa d'abord dans le rouge, puis blanchit promptement avant de reprendre des couleurs rosées en accostant une proximité telle que l'adolescent sentait le souffle chaud de l'homme contre sa nuque.

- Tu as reçu me petite lettre ? murmura soudainement June.

- Je...

- Tais-toi. J'ai essayé d'être patient, mais tu as dépassé les limites. Elle ne ressens pas un dixième de l'amour que je possède pour toi. Je suis beau, j'ai de l'argent et du pouvoir; je pourrais combler le moindre de tes désirs. Je te laisse une dernière chance : quitte-la avant que je m'énerve?

- Je croyais que vous m'aimiez, si tel est le cas, vous ne pouvez pas me tuez, marmonna Valerian incertain de ses propres paroles.

Une lueur cruelle s'incrusta dans les prunelles de June.

- Exact, si je tue toutes les personnes t'éloignant de moi, tu n'aurais plus de raison de te refuser à moi.

L'atmosphère était palpable et le temps se figea un instant, durant lequel les deux hommes hésitaient entre l'amour et la haine.

Mais le choix était fait depuis longtemps. Valerian se déplaça imperceptiblement sauf pour tous deux, engageant June à faire de même.

- Ah, Val, je vois que tu as fait connaissance avec Monsieur de Liris.

Valerian sursauta en rosissant, tandis que June dévia tranquillement pour jauger du regard le possesseur de la voix qu'il connaissait bien.

- Oui, nous avons en effet fait connaissance... Aurélie.

Les deux hommes affrontaient sombrement la joie des jeunes filles.

- Nous allons voir l'Orphelinat, voulez-vous venir? Demanda alors timidement Mathilde.

- Je croyais qu'elle savait pas ce qu'elle voulait voir, maugréa son fiancé.

- Bien sûr.

June s'approcha des deux adolescents tout en leur proposant son bras, qu'elles acceptèrent, rosissantes. Valerian arborait, lui, un rouge vif, mais pas pour la même raison. En passant, l'homme lui avait frôlé la cuisse du dos de la main...


ooOOoo


- Je veux du pop-corn, mais je n'ai pas assez d'argent, se morfondit Mathilde, tout en regardant son porte-feuille presque vide.

- Tu pourrais lui en acheter, Val, proposa Aurélie.

- Je...

- Je reviens d'en acheter, tiens, je te le donne, je n'aime pas spécialement ça, c'était pour vous remercier de m'accepter aujourd'hui parmi vous.

- Oh, ce n'est rien... Je...

Elle hésita, puis accepta, toute remerçiante envers l'homme, qui plus est, était d'une extrême beauté, même pour une femme aimant son fiancé.

Valerian, plongé dans les dédales de son malheur, se réveilla soudainement en voyant Mathilde qui avait plongé sa main dans le paquet.

- Euh... Val, si tu en voulais, il fallait me le dire, je t'en passe, pas la peine d'être si violent.

Mais celui-ci ne l'écouta pas, il s'écria :

- Mange !

Mathilde et Aurélie fixèrent Valerian aberrés par le ton employé aux limites du respectueux envers June.

L'homme haussa un sourcil puis ouvrit la bouche qui se referma sur les doigts de Valerian qui tenait un pop-corn. June le mordit sur une une petite plaie à peine refermer qu'il s'était fait plus tôt le matin avec le bord d'une feuille de papier, d'où une goutte de sang s'échappa. Ses sens frétillèrent au goût de maïs caramélisé assaisonné au sang. Il lécha la plaie langoureusement, tendrement, comme s'il souhaitait par cette douce caresse la faire cicatriser.

Cela ne dura que quelques instants, mais aussi furtif que cela fut, cela leur suffisait. Pour l'instant.

La langue humide se sépara des doigts brûlants, pourtant les deux se rappelaient de la sensation, de la senteur et du goût, et c'est pour mieux prolonger cette situation passée, qu'ils se turent et non par gêne, contrairement à ce que les autres croyaient.

Mathilde récupéra le paquet de pop-corn et ils allèrent prendre place dans la salle de projection. Les amies piaillaient d'impatience devant le film qui n'allait pas tarder à débuter. Les deux couples décidèrent de s'installer côte-à-côte, mais quand les deux filles voulurent s'asseoir sur les fauteuils voisins, June protesta de sa voix monotone :

- Si vous restez ensemble, vous allez vous faire peur mutuellement et vous entraîner à crier à chaque passage effrayant. Mieux vaut pour nous que vous soyez séparés.

Elles n'osèrent protester ou faire de commentaire sur les propos misogynes énoncés, et s'exécutèrent sans broncher. Puis le noir, suivit de bandes d'annonces.

Mathilde posa sa main sur celle de Valerian, voulu se rapprocher de lui, mais il s'écarta ostensiblement. Mathilde s'enfonça dans le fauteuil rouge déçue, mais n'enleva pas sa main. Valerian était plus timide que ce qu'elle pensait, mais elle n'allait pas se fâcher pour autant.


ooOOoo


Alors que quasiment toute la salle était maintenant plongé dans le film, June passa la paume de sa main sur l'avant-bras de Valerian, qui le retira vivement de l'accoudoir et le replia sur son bassin. L'adolescent regarda Mathilde qui avait récupérée son bras afin de manger ses pop-corn.

Quelques minutes plus tard, la main tenta une nouvelle approche, plus ferme, mais Valerian réussit à retirer son bras qu'il avait remis sur l'accoudoir avant qu'il ne l'emprisonne. Puis Valerian se replongea avec difficulté dans le film, et alors que le suspens était à son paroxysme, toute la salle sursauté, y compris lui, qui attrapa la main de June afin de se rassurer. Il voulu ensuite la reprendre, mais l'homme le força à l'ouvrir et lui en caressa la paume du bout de ses longs et fins doigts.

Valerian se détendit et se laissa faire avec délice. Ils s'enlacèrent les mains, alors Valerian les glissa sous l'accoudoir, à l'abri du regard des autres.

Dans les yeux des hommes, en regardant attentivement, on aurait pu y voir l'ombre d'un sourire.

A la fin de la séance, aucun des deux n'aurait pu dire ce qu'il se passait à la fin du film, profitant de ce moment de tendresse, sans se préoccuper des autres, au grand damne de Mathilde qui une fois le pop-corn fini, s'était sentit seule avec sa peur.


ooOOoo


- Bon, ben je vais y aller.

Le film était terminé depuis déjà dix minutes et chacun allait rentrer chez lui, quand Mathilde et Aurélie décidèrent d'aller se rafraîchir, laissant June et Valerian une fois de plus ensemble.

Mais June laissa aussitôt Valerian et alla à une des caisses vides parler à une dame âgée, sous le regard stupéfait et inquisiteur de l'autre.

Il vit la femme lui donner quelque chose, et Valerian sembla écrire. June revint près de lui et lui tendit un bout de papier, où il y avait écrit :


« 01.68.13.09.76

06.36.29.97.15


Si jamais tu ressens l'envi de me voir, à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, viens chez moi. Et si je n'y suis pas, appelle moi et j'accourrais. »


- Je n'en aurais pas besoin, répondit Valerian avec mauvaise fois, comme si l'heure passée dans le cinéma n'avait était qu'une vague rêverie.

- Je n'en doute pas, ricana June, voyant que le jeune homme prenait tout de même le soin de plier le bout de papier avant de le ranger dans la poche de derrière de son jean.

Les filles revinrent et ils se quittèrent, non sans une menace murmurée au creux de l'oreille :

- Quitte-la ou je ferais de ta vie un enfer.


Une semaine depuis cette rencontre, une semaine de plus pour le couple que formaient Valerian et June, une semaine que Aurélie et Hugo ressortaient ensemble, après que celle-ci se soit aperçue que June ne la considérait que comme une amie.

Rien d'inhabituel ne s'était produit depuis et Valerian avait presque oublié, lorsque Simon reçu un appel à dix heure du soir et qu'il prit ses affaires en vitesse. Il prévint juste son frère avant de partir.

- Il a encore frappé.

Par Sweety Lily - Publié dans : Fictions originales - Communauté : Amours Acidulés
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