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Ce Blog met en scène des
relations entre hommes,
parfois de façon explicite.
Si ce genre de relation,
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Depuis le jeudi 03 juillet 2008

Blogs de fics Boy's Love

Dimanche 28 juin 2009
Salut à tous !
Me revoilà !
Alors tout d'abord, je voudrais vous faire part d'une nouvelle. Voilà, je fais partis du deuxième recueil de Délice Citronné, donc si ça vous intéresse, allez sur TheBookEdition et tapez Sentiments Brumeux.

Ensuite, place à l'histoire !

Chapitre VI

Baisers partagés

 

 

L'agréable sensation de chaleur et de bien-être accueillit Valerian à son réveil, malheureusement suivi d'un mal de tête. Il ouvrit les yeux, contraint par la douleur, et ce qu'il vit le laissa fortement surpris. Il ne reconnaissait ni ces murs richement vêtus de cadres d'ors, ni ces statuettes d'anges en marbre, et la fenêtre qui laissait filtrer à travers ses rideaux en soie de timides rayons du soleil ne lui disait rien. Il n'était pas chez lui, et ce lieu ne lui disait absolument rien. Fasciné par la beauté de la chambre, il mit un temps à se rendre compte qu'à ses côtés demeurait une masse masquée par les draps blancs. Le ventre noué, et pétrifié par la perspective de découvrir ce qui était à ses côtés, il laissa vaguer sa main sous les couvertures pour se retrouver en territoire inconnu. Il fronça les sourcils. Ce qu'il touchait était chaud et doux. Il remonta sa main plus haut et se pétrifia en sentant une main se poser sur la sienne alors qu'il atteignait le sommet.

- Sais-tu ce que tu es en train de... tâter ?

June sortit des couvertures et les rejeta à terre.

Il indiqua alors de la tête ce que Valerian touchait... et c'est rougissant que Valerian compris qu'il touchait la cuisse musclée de June, recouvert par un fin morceau de tissu.

- Je... heu...

- Ton éloquence me surprendra toujours.

L'homme se leva, dévoilant à l'adolescent la cambrure de ses reins ainsi que son torse finement musclé. Le corps de June semblait avoir été sculpté par des dieux, tellement il semblait lisse et doré malgré l’hiver qui sévissait. Ses courbes étaient parfaites et Valerian se sentit ému de savoir que ce corps lui était réservé, lui qui n’était qu’un humain normal, au corps séduisant mais loin d’être parfait.

June regardait l’adolescent dévorer son regard avec avidité, un sourire goguenard aux lèvres, même si en réalité, il était attendri par ce regard. Si Valerian ne savait pas qu’il l’aimait, lui le savait déjà. Et il aurait aimé, ce matin, pouvoir lui baiser les lèvres avec tendresse, comme un amant l’aurait fait. Mais ils n’étaient pas amants, et c’était par une heureuse coïncidence qu’il s’était couché dans le lit avec lui. Oui, ils n’étaient pas amants… du moins, ils ne l’étaient pas encore.

Ainsi, il était sorti du lit, avant que son instinct ne prenne possession de son corps.

Ils se fixèrent, l'un amusé, l'autre pétrifié. Puis June disparut quelques instants pour revenir avec de l'eau effervescente dans la main.

- Tiens, tu dois avoir mal à la tête.

Valerian l'aurait presque oublié. Il avala d'une traite le médicament, puis grimaça disgracieusement. June posa le verre sur un meuble en marbre qui reposait aux côtés du lit.

- As-tu faim ? Il est dix heures et demie. J'ai fait du thé et des tartines au miel. Il y a aussi du jus d'orange à pulpe, cela te convient-il ? Je l'espère, car il n'est pas dans mes habitudes de préparer les déjeuners des autres.

- C'est parfait.

- Bien, vas-y, dans ce cas. Je vais me laver. Si l'envie te prend de vouloir me suivre, je ne m'y opposerais pas.

Valerian préféra faire comme s’il n’avait rien entendu, même si la proposition s’imposa quelques instants à lui comme une possibilité. Puis il la chassa de son esprit. Son ventre se rappela à lui, et il partit en quête de la cuisine.

La porte donnait sur un long couloir horizontal. En face de lui, une porte était ouverte. Il s'y engouffra avec hésitation, pour découvrir un salon qui lui remémora quelques bribes de conversations qu'ils avaient eues le soir passé. Il l’arpenta, essayant de se rappeler un peu mieux la discussion qu’ils avaient eu tantôt. Il espérait ne pas s’être trahi sur ses sentiments. Il trouva finalement la cuisine ; la pièce y menant était perpendiculaire à la bibliothèque et seul un œil avéré aurait pu la trouver dès l'abord.

 

Les murs de la pièce étaient couleurs pêche et un doux filé de soleil traversait les fins rideaux, lui réchauffant le visage. Il s'assit à la première chaise en fer forgé qu'il vit et ferma les yeux pour profiter de ce rare moment de plaisir d'hiver. Il se revit enfant, lorsqu’il jouait avec son frère dans le jardin de leur grand-mère habitant dans le Sud. Ils jouaient toute l’après-midi dehors, tandis que ses parents se reposaient. Leur jeu préféré était la chasse au trésor, et lorsqu’ils terminés la journée, c’était souvent recouvert de boue, ayant barbotés dans tous les marécages du champ derrière la maison. Au moment où ils étaient fatigués et affamés, leur grand-mère arrivait invariablement avec un goûter copieux, préparé par ses propres soins. Ces souvenirs étaient de ceux qui le rendaient nostalgique après y avoir pensé. Et cette fois-ci ne fut pas différente d’autres fois. Il secoua la tête vivement pour chasser ce souvenir et prit une tartine. La confiture à la fraise n’était pas aussi bonne que celle faite par feu sa grand-mère, mais il prit tout de même plaisir à la manger.

Valerian repensa pensivement à toutes les pièces qu’il avait déjà vues, et accorda à June un certain goût pour la décoration. Bien qu’il se doutait qu’elle était sûrement due à un décorateur d’intérieurs. Il s’imaginait mal June en bleu de travail, et l’image qu’il s’en fit le fit s’esclaffer.

Il se sentait vraiment à l'aise ; il sentait une différence d’univers entre cet appartement et celui de son frère, mais cela ne lui déplaisait pas. En fait, il trouvait cela plutôt plaisant. Son chez lui était bien terne, et cet appartement lui apparaissait être un refuge.

Un refuge dangereux et interdit, mais aussi un refuge hors du temps et hors du monde. Un lieu secret où son amant habitait. Il se rappelait qui était June, mais ce matin, lorsqu’il s’était réveillé, il avait été heureux de le voir auprès de lui. Ils avaient été tous les deux, et alors il avait comme oublié qu’eux deux, c’était impossible.

La tragédie de leur amour avait semblé lointaine, presque inexistante. Et en ce moment même, tout ce qu’il pensait était que ce petit-déjeuner était très réussi

Il engloutit tartine sur tartine, avec gourmandise et plaisir. Lorsque June revint, il avisa avec amusement les mies de pain éparpillées sur le t-shirt blanc de Valerian. Il alla s'asseoir sur la chaise qui se trouvait à ses côtés et se servit une tasse de thé darjeeling. Il la but lentement, profitant de son parfum délicat, jusqu’arriver à la fin de sa tasse où le goût l’amer était plus prononcé. Tandis qu’il l’eut fini, il sentait toujours la saveur sur sa langue, persistante.

Valerian le regarda boire son thé avec une certaine fascination, attendant que l'homme parlât. Ce qu’il fit après être resté pensivement à regarder Valerian :

- A ce que j'ai pu voir hier, tu commences à accepter tes sentiments ?

- J'étais soûl, je ne savais pas ce que je disais. Je m’en rappelle même plus.

Ou presque. Cela lui revint aussitôt que June lui en parla. Mais il savait que l’homme n’abandonnerait pas aussi facilement. Tout comme il le souhaitait, malgré lui.

- Ne mens pas, intima-t-il. On dit qu'une personne soûle ne ment jamais. De quoi as-tu peur ?

Valerian n'osa pas nier l'évidence une fois de plus, par crainte de s'attirer la colère de l'homme ainsi que parce que cela n'avait plus de sens, et cela, depuis longtemps.

- Dans quelques mois, je ne ressentirais plus rien pour vous, je ne veux pas tout perdre pour un semblant d'amour qui ne mènera nulle part.

- Un semblant d'amour ? Qui penses-tu que je sois ? Penses-tu que je me laisserais aller à un amour vicié ? Pour moi, mes sentiments ne peuvent se définir en ce mot tellement usité. Mais si tu veux un mot pour définir mes sentiments, ce serait la passion.

- C'est la même cho...

- Pas du tout. Imprévisible, la passion n'a pas de sens. Ce n'est pas qu'elle est purement physique. C'est qu'elle naît sur une base d'attraction incompréhensible, une alchimie de deux âmes complémentaires, et en reniant sa nature pour plaire à l'autre, la passion ne résiste pas. Elle s'éteint le jour où la routine s'installe. La passion n'est éphémère que parce que ceux l'ayant rencontré ne savent pas l'entretenir. Penses-tu qu'un jour ton aversion envers mes actes cessera ? Que mon être ne te fascinera plus ? Que ton cœur s'habituera à ma présence ? Comment deux personnes semblables pourraient-elles connaître autre chose que la monotonie ? Toujours être en accord et même se sentir en permanence heureux devient lassant avec le temps, et on ne sait plus apprécier la vraie saveur du bonheur. Alors, je te dirais que non, il n'y a aucune chance qu'un jour mes sentiments cessent. Si cela arrivait, je me dégoûterais à jamais, car j'ai accepté nos sentiments, les sachant éternels. Si j'apprenais un jour que ce n'était pas le cas, cela voudrait dire que je suis devenu comme le commun des mortels et que j'aurais succombé aux vices que l'on nous accable à la naissance et qui constituent un être humain. Dépêche-toi de te donner à moi, où ce sont les autres qui en pâtiront.

- Mais  vous êtes un homme… et un assassin !

- Certes, mais tu m'aimes quand même. Avoue-le.

- Je...

Valerian marqua une pause. June mangeait ses lèvres du regard. L'adolescent fut hypnotisé par ce regard où transparaissait tant de désir.

- ... peut-être.

Sans plus attendre, June leva Valeria de sa chaise lui ravit sa bouche brutalement. Elles se collèrent violemment l'une à l'autre, s'affrontèrent dans un combat acharné ;  celles de June étaient râpeuses tandis que celles de Valerian étaient douces et charnues. Les mains de June emprisonnèrent le visage de Valerian, puis s'emmêlèrent passionnément dans sa chevelure. D'un mouvement gracieux, l’homme colla son amant contre son torse puissant, et Valerian pu sentir le cœur du tueur battre aussi vite et fort que le sien.

Il ne comprenait pas pourquoi il tuait, ni pourquoi son caractère était aussi cassant, et il sut que cet homme passionné n’était pas méchant par nature. Il sentit à travers ce baiser désespéré que ce qui l’avait transformé en tueur froid devait être une blessure profondément ancrée dans son âme. Et en sentant son cœur battre contre le sien, il vit pour la première fois que June était un homme comme les autres, et qu’au fond de lui, un enfant blessé reposait.

Leur baiser s’adoucit en même temps que leurs langues se rencontrèrent, avec une timidité à l’arrière goût de thé amer. Elles se frottaient l'une à l'autre, se mordillant et s'aspirant avec délice. L'un comme l'autre n’avaient encore jamais connu telle passion.

Leurs corps s'assemblaient en un ensemble parfait. Ils accédaient finalement au bonheur tant souhaité.

L’étreinte enflammée se termina lorsque le téléphone portable de Valerian sonna, le ramenant à la triste réalité. Le jeune homme rejoint en vitesse l'appartement de Marc, la tête pleine de ces baisers partagés.

June s'allongea à terre après le départ de son désormais amant, fiévreux. Il avait enfin goûté au fruit défendu et son corps quémandait en vain, celui qui formait son péché.

 

- Marc, je n'ai rien compris à ce que tu m'as dit au téléphone. Qu'est-ce qu'il se passe ?

Celui-ci semblait bouleversé. Hugo, Ciryl et Aurélie étaient déjà là et parlaient au téléphone à tour de rôle avec animation.

- Putain, t'en as mis du temps ! On a essayé de t'appeler je ne sais combien de fois chez toi, mais ça ne répondait pas ! On a finalement eu ton frère ce matin, et laisse-moi te dire qu'il était furieux d'apprendre que tu n'étais pas chez...

- Marc, viens-en au fait ! s'écria Valerian.

- Mathilde a été arrêtée, souffla son ami.

La sentence raisonna dans son esprit. Il avait presque oublié l'histoire de l'objet retrouvé. Il comprenait mieux le calme avec lequel June avait accueilli la nouvelle, malgré qu'il ait du mal à l'intégrer. Qu'il ait osé lui faire cela, alors qu'il avait quitté Mathilde ! Il sortit de l'appartement, n'entendant pas les cris de son ami, l'esprit vidé de toute pensée cohérente.

Quoiqu'il faisait, ses actions n'apportaient que malheur et chaos autour de lui. 

Durant qu'il était avec June, Mathilde croupissait en prison pour le meurtre que June – un rival en amour insoupçonné – avait commis.

Si la situation n'avait pas été si dramatique, il en aurait sûrement ri. Si, seulement...

Il alla jusque chez lui dans un état second, l'esprit dans le vague. Sa démarche était saccadée et déviante, et lorsque des passants le croisés, ils faisaient un arc de cercle pour l’éviter. Valerian eut un rire amer lorsqu’il s’en rendit compte.

- Ils ont bien raisons, on ne sait jamais qu’il serait jaloux qu’ils aient croisé ma route.

Et maintenant, il se mettait à parler tout seul. Il en était là dans ses pensées, lorsqu’il entendit des cris d’enfant. Il tourna la tête en provenance du cri et vit une mère portant son enfant sortant d’un parc qu’il n’avait jusque-là jamais vu. Sûrement n’y avait-il jamais fait attention. Il n’avait pas envie de retourner chez lui, et l’eut-il voulu que la luxuriance du parc qui était inhabituel à Paris, fini de le décider. Il traversa la route en même tant que la lumière verte du feu s’alluma, et il entra dans le jardin. Il n’entendait pas les geignements, il cherchait un endroit où se reposer.

Il s’installait sous un saule pleureur loin des gens lorsque les premières gouttes touchèrent le sol. Il vu la trace sur le sol gris où des enfants couraient pour fuir l’averse qui se profilait.

Sous l’arbre, il ne pleuvait pas. Il était à l’abri de tout. Il paraissait ridicule, seul dans ce parc, sous le ciel gris et sous la pluie qui n’épargnait que lui. Pourtant, les feuilles de l’arbre ne purent les couvrir plus longtemps, et une goutte coula le long de sa joue, bientôt rejoint par tant d’autres. Le piaillement des oiseaux se dissipa, comme toute autre présence l’entourant.

Il enleva ses chaussures et plongea ses pieds dans l’herbe fraîche et humide. 

Il tendit son visage à la pluie et regarda le ciel morne à travers les espaces formés par les feuilles des arbres. Il avait l’impression de n’être plus qu’un avec la terre. La terre l’aurait englouti dans ses entrailles qu’il en aurait été reconnaissant. Il n’aurait pas eu à affronter le regard de tous ceux auxquels il mentait une fois de plus. Il aurait simplement disparu, sans aucune trace, et le cours des choses aurait pu reprendre normalement.

Mais la terre ne l’avala pas et un soleil filtra bientôt d’à travers les immenses nuages, et Valerian sut qu’il devait s’en aller. Il se releva et remit ses chaussures. Un œil aguerri aurait vu à ce moment-là une lueur inédite chez le garçon naître dans son regard. Une lueur qui ne cessera de se renforcer à partir de ce moment.

 

Arrivé à son appartement, il récupéra quelque peu ses esprits, ou tout du moins assez pour vouloir éviter une confrontation avec son frère. Il parcourut le salon sur la pointe des pieds, et c'est avec soulagement qu'il comprit que son frère était encore au commissariat. Il se rendit dans sa chambre pour se changer, puis il décida d’aller prendre des nouvelles de sa mère, qui avait comme toujours la tête tournée vers l'extérieur. Il s'assit sur le rebord du lit.

- Bonjour, maman. Je suis désolé de t'avoir laissé, hier... Il semblerait que j'ai fait une erreur... Je... Je ne sais plus ce que je dois faire, je suis perdu ! Si seulement tu pouvais m'aider ! Si seulement tu pouvais me parler !

Valerian, tu es là ? Tu as laissé la porte ouverte !

Après un dernier regard pour sa mère, Valerian alla rejoindre son frère dans le salon.

- Valerian ! Mais enfin, où étais-tu, je...

- Chez une amie.

Le ton de la voix de Valerian, inhabituellement tranchant, bouleversa Simon. Instinctivement, il savait qu'il s'était passé quelque chose et il savait aussi que dans ces moments où Valerian n'était pas dans son état normal, il devait faire attention à ce qu'il lui dirait. Il le réprimanderait plus tard.

- Une de tes amies est en salle d'interrogatoire.

- Je sais... Mais ne pensais-tu pas que c'était...

- De Liris ? Si, et je reste campé sur cette idée. Le mode opératoire du tueur est trop différent des précédents crimes. Ça ne peut pas être cette jeune fille qui ait tué les autres victimes. Le poème est sans doute celui d'une fille. Une imitation du poème précédent, sûrement. Mon détective m'a dit avoir vu De Liris et mademoiselle Hiron ensemble bras dessus, bras dessous.

Simon alla jusqu'à la cuisine et revint une bière à la main. Il en but une gorgée, faisant trépigner d'impatience Valerian.

- Et ? s'écria-t-il.

- Cela laisse supposer qu'il y ait une relation plus qu'amicale entre eux. Le meurtre est le motif d'une jalousie maladive, ici. Le seul problème réside dans le fait qu'elle ne veuille rien avouer. Mais nous la ferons craquer, sois-en sûr.

Valerian n'en doutait pas. Mathilde était trop fragile, elle finirait par avouer tout et surtout n'importe quoi. Elle était condamnée, par sa faute. Il causait le malheur autour de lui, où qu'il aille, quoiqu'il fasse.

- Le... la femme chez qui j'étais cette nuit... en fait, c'est un homme.

Un silence gêné s'installa entre les deux frères.

Simon sut qu'il devait dire quelque chose, même s'il était trop choqué pour savoir quoi dire. Valerian pensa de son côté que c'était le moment pour tout révéler.

- Et...

- D'accord. C'est... tu as bien fait de me le dire. Et... il est... gentil ?

Non. Apparemment, ce n'était pas le moment de se confesser. Le Destin en avait décidé ainsi, et Valerian le respecta.

- Oui ?

Simon hocha la tête. Il n'aurait jamais pensé que son frère puisse préférer les femmes aux hommes.

- Tant mieux. Tu... je le connais ?

- Peut-être.

- Marc ?

Valerian hocha négativement la tête. Il ne pouvait pas avouer que c'était June. Il ne le pouvait plus. Pas alors que son frère se montrait si conciliant, pour une fois. Il ne voulait pas le décevoir.

- Tes amis le savent-ils ?

- Non, ils sont homophobes.

Simon sembla bouleversé par cette réponse, et repensa au jour où Valerian était allé s’enfermer dans la salle de bain. Il comprenait mieux, maintenant.

- Dis-toi que s'ils ne t'acceptent pas tel quel, ce ne sont pas de vrais amis et tu ne dois rien regretter.

Simon n'avait eu comme occasion de soutenir son frère que la mort de son père et l'avait laissé échapper. Il ne laisserait pas passer celle-là. Et si l'homosexualité de son frère ne le rendait pas éperdument heureux, il y travaillerait.

- Si tu veux, tu pourras l'inviter un après-midi.

- J'y réfléchirais. Je vais voir maman.

Il laissa son frère à ses pensées et alla s'enfermer dans la chambre de la malade. Affalé au pied de son lit, il laissa sa peine s’écouler en un flot de paroles, aussi ravageuses qu'un torrent de lave. Il s'endormit finalement du sommeil du juste, les joues trempées de larmes.

Il ne sentit pas une main douce et frêle lui caresser le front.

- Mon pauvre enfant...

Par Sweety Lily - Publié dans : Fictions originales - Communauté : Amours Acidulés
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